Parfait Mbvoum scrute l’ascension de Issa Tchiroma et Bello Bouba.

Selon le président National du Forum Républicain, ces deux personnalités sont devenues, en l’espace de quelques mois des figures importantes dans cette élection, ce qui suscite des débats et des polémiques.

Lire ici sa tribune :

« Même si c’est le diable, on prend d’abord. » Jamais cette expression n’aura été aussi pertinente qu’en ces circonstances.   Après l’élimination frauduleuse, injuste et scandaleuse de la candidature du Professeur Maurice Kamto. Après le viol et le vol caractérisé de cette candidature par le régime en place à Yaoundé,

Deux figures, autrefois affiliées au pouvoir, ont effectué un retour remarqué : Bello Bouba Maigari et Issa Tchiroma Bakary  Avaient-ils pressenti cette tournure des événements ? L’Histoire en jugera.   Quoi qu’il en soit, bien qu’absents de la scène publique pendant près de trois décennies, ces deux hommes sont devenus, en l’espace de deux mois, le centre de tous les débats, suscitant autant d’adhésion que de controverses.

Le plus frappant reste l’attitude désemparée de certains partis politiques qui, se croyant héritiers naturels de l’absence de Kamto, se retrouvent désormais sur la défensive. Ils déversent une pluie de critiques sur ces deux leaders, matin, midi et soir, orchestrant une campagne médiatique acharnée. Pourtant, leurs propres dirigeants n’hésitent pas à poser à leurs côtés en photographie. Une hypocrisie qui interroge : où se situe la limite de la duplicité en politique camerounaise ?

La « Kamtophobie » s’est muée en « Bellophobie » et « Tchiromaphobie », simplement parce que ces deux hommes bénéficient d’un momentum politique. On en oublierait presque que la cible prioritaire demeure Paul Biya. À moins que chacun ne nourrisse des ambitions et calculs inavoués…

Pour notre part, nous affirmons sans détour : personne ne fera pire que Paul Biya. Nous réitérons notre conviction : l’opposition ne triomphera que si le système Biya se désagrège de l’intérieur. Encourageons ceux qui le quittent à rejoindre l’opposition.

Celle-ci ne dispose pas des moyens nécessaires pour l’emporter sans le ralliement d’anciens dignitaires du régime. Et même si ce sont ces derniers qui se positionnent, cela reste préférable à la perpétuation du règne de Biya.

Nous soutiendrons sans ambages celui qui incarnera la réelle alternative pour mettre fin à cette ère. « Même si c’est le diable. »

L’opposition qui se complaît dans des querelles de positionnement – première, deuxième ou troisième place – avec des scores dérisoires oscillant entre 0 % et 7 %, se fourvoie. La stratégie consistant à vilipender systématiquement Tchiroma et Bello est contreproductive et se retournera contre ses instigateurs.

Nous en avons assez de ces satisfécits tirés de pourcentages électoraux insignifiants, de quelques sièges parlementaires ou municipaux sans impact sur la vie nationale.   Défaire le système Biya est une impérieuse nécessité. Que ceux qui réalisent leur impuissance face à lui s’unissent enfin.

La seule phobie qui vaille désormais est la « Biyaphobie ».

Entre siéger docilement au Parlement ou dans les conseils municipaux et quitter le gouvernement, qui, au fond, collabore encore avec Biya ?   Cessons ces manœuvres stériles ! Unissons-nous autour d’un seul combat : la chute de Biya. Les intérêts égoïstes et les calculs mesquins ne profitent à personne.

En l’absence de Kamto, l’honnêteté intellectuelle impose de reconnaître que deux candidatures émergent désormais : celles de BELLO et de Tchiroma.   Le premier dispose d’un ancrage territorial, le second d’une stratégie et d’une communication redoutables.

D’ici au 10 septembre, l’un devra céder le pas à l’autre. Ils n’ont pas le choix : un échec à la présidentielle leur vaudrait les foudres du pouvoir

Parfait Mbvoum

Président National du FORUM Republicain

NB : Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l’auteur et ne reflètent pas nécessairement la position éditoriale de 237actu.com

 

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