L’avocate des droits humains et porte-parole d’Issa Tchiroma dans cette sortie reste ferme : le Fsnc ne sera pas présent aux prochaines élections législatives et municipales.
« Participer à ces élections factices, à ces parodies de scrutins prétendument « normaux », n’a qu’un seul but : donner l’illusion que l’anormal est devenu acceptable. Que le mensonge peut gouverner. Que l’injustice peut administrer. C’est une entreprise de normalisation de la fraude. Et c’est ici que l’interpellation devient directe. Aux acteurs politiques. Aux candidats. Aux citoyens. Participer à ces élections, c’est ajouter une trahison à la trahison initiale. C’est demander au peuple, déjà bafoué, de coopérer à sa propre négation. Comment demander à ceux qui ont voté pour la vérité de contribuer ensuite à l’architecture du mensonge ? Il existe là une rupture morale irréparable . Refuser la parodie ne signifie pas l’inaction. Car si la dignité est une exigence morale, elle doit aussi devenir une méthode de résistance. Le boycott n’est pas une absence ; c’est une présence active par la force du silence.
Il ne suffit pas de s’abstenir. Il faut construire. C’est pourquoi nous appelons à l’émergence d’un contre-pouvoir citoyen. Ne laissons pas le vide être occupé par ceux qui ont trahi. Si nous ne siégeons pas dans leurs assemblées, nous devons siéger dans nos quartiers, dans nos associations, dans nos réalités.Nous devons organiser la résistance par la vérité : documenter l’illégitimité, former nos concitoyens à la Constitution réelle — celle qui vit dans les consciences, et non dans des tribunaux vassalisés. Ne nous y trompons pas : notre refus de participer à la mascarade n’est pas un désintérêt pour la chose publique. C’est, au contraire, le dernier rempart pour la sauver.
Nous ne sortons pas du jeu politique. Nous refusons d’y jouer faux. Participer à ces élections revient, de fait, à trahir le peuple et le Cameroun. Car la politique n’est pas une carrière. Elle n’est pas un refuge. Elle n’est pas un rôle à jouer dans une pièce écrite par d’autres. La politique est un choix de valeurs »





