Couple Mebe Ngo'o

L'avocate Me Félicité Ziefman, dénonce  un traitement inhumain de sa cliente.

Bernadette Mebe Ngo’o broie du noir à la prison centrale de Kondengui. Son avocate, Me Félicité Ziefman, a fait une publication sur les réseaux sociaux, pour dissiper la rumeur sur une prétendue libération sous contrôle judiciaire en raison de ses soucis de santé.

A en croire Me Félicité Ziefman, sa cliente, Bernadette Mebe Ngo’o, l’épouse de l’ex ministre de la Défense, Edgar Alain Mebe Ngo’o, lui aussi écroué à Kodengui, n’a pas été mise en liberté, tel que cela a été véhiculé dans les réseaux sociaux le mercredi 20 mai 2020.

L’avocate inscrite au Barreau de Paris explique que Bernadette Mebe Ngo'o s’est remise du COVID-19, après une prise en charge à la prison. Souffrant de « nécrose de têtes de fémur pour laquelle elle a été opérée à Paris», elle a sollicité, selon Me Félicité Ziefman, une hospitalisation à l’hôpital central de Yaoundé, mais n’y a pas été admise, faute de chambre disponible.

Toujours selon la juriste, Bernadette Mebe Ngo'o, devait honorer à un rendez-vous ce vendredi 22 mai 2020 à l’hôpital général de Yaoundé, mais a été ramenée manu militari au pénitencier, dans de mauvaises conditions.

 Arrivée au pénitencier, on lui a prescrit d'observer la distanciation sociale par rapport aux autres détenues, chose impossible compte tenu de la promiscuité de la population carcérale en général, et en particulier, de sa cellule qui abrite 15 femmes. Elle est ainsi stigmatisée tant par les autres détenues que par les autorités pénitentiaires. Elle sera alors contrainte de dormir à la belle étoile», dénonce Me Félicité Ziefman dans une mise au point dont 237actu vous propose ci-dessous la teneur.

Mise au point de Me Félicite-Esther Ziefman :

Suite aux rumeurs infondées ayant circulé hier relatives à la mise en liberté sous contrôle judiciaire concernant Madame Bernadette MEBE, je tiens à informer l'opinion publique nationale et internationale de sa situation.

Le 21 avril dernier, Madame MEBE a été diagnostiquée d'une fièvre typhoïde et le médecin a estimé qu'elle présentait des symptômes suspects de COVID-19. Le 25 avril, elle est emmenée en urgence à l'hôpital central de YAOUNDÉ. Outre, les affections diagnostiquées, Madame MEBE souffre de nécrose de têtes de fémur pour laquelle elle a été opérée à PARIS.

Dimanche 26 avril, elle est déclarée positive au COVID-19 et est prise en charge. Deux (02) semaines après, soit le 11 mai, elle est déclarée négative. Elle effectue son confinement de 14 jours au même endroit ; ce qui n'est pas normal eu égard les risques de réinfection. Elle était en attente d'affectation d'une chambre pour la prise en charge de ses autres affections.

À l'hôpital central de YAOUNDÉ, il lui est dit qu'il n'y a pas de place. Elle avait rendez-vous à l'hôpital général le 22 mai, soit demain pour une hospitalisation.

Contre toute attente, une escouade lourdement armée est allée la sortir manu militari de son confinement à l'hôpital central et ce, malgré l'opposition farouche du personnel médical et hospitalier qui a tenté sans succès d'expliquer aux gardiens de prison que l'on ne ramène jamais une personne précédemment atteinte de COVID-19 dans son foyer de contamination surtout qu'il s'agit de la prison centrale de Yaoundé connue pour être un foyer actif de COVID-19. Elle a été physiquement et verbalement brutalisée. Toutes les personnes qui ont été évacuées au même moment qu'elle sont toujours en confinement à l'extérieur.

Arrivée au pénitencier, on lui a prescrit d'observer la distanciation sociale par rapport aux autres détenues, chose impossible compte tenu de la promiscuité de la population carcérale en général, et en particulier, de sa cellule qui abrite 15 femmes.

Elle est ainsi stigmatisée tant par les autres détenues que par les autorités pénitentiaires. Elle sera alors contrainte de dormir à la belle étoile.

Ce traitement est inhumain.

Il pose le problème de la dignité humaine des détenus dans les prisons camerounaises. Il viole le principe de la présomption d'innocence dont jouit encore Madame MEBE.

Il viole le droit fondamental qu'est le droit à la santé dont jouit tout citoyen camerounais.

C'est avec force et conviction que je dénonce le traitement inhumain et dégradant que subit Madame MEBE et qui va à l'encontre des prescriptions du Chef de l'État camerounais dans son discours du 19 mai dernier lorsqu'il parle de lutte contre la stigmatisation des malades du COVID-19 et de l'Union sacrée pour combattre cette pandémie.

Maître Félicité Esther Zeifman, avocat au Barreau de Paris

Redigé par: Yann Vlad Atanga

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