Père Ludovic Lado

Le prêtre jésuite se dit prêt à y laisser sa vie s'il le faut.

Le père Ludovic Lado a été arrêté mardi dans la ville d’Edéa, à une soixantaine de kilomètres de Douala. Le religieux comptait se rendre Yaoundé pour réclamer la fin de la guerre dans les régions anglophones et la libération des personnes arrêtées lors des marches du mardi 22 septembre 2020.

Mais, le père Lado a été stoppé dans son élan le 13 octobre par la police dans la ville d’Edéa, à une soixantaine de kilomètres de Douala, et ramené par la suite à son point de départ.

Cependant, l’homme de Dieu ne compte pas céder aux intimidations policières. Il promet de revenir à la charge dès décembre 2020, si le clergé et les autorités ne s’impliquent pas activement dans la recherche d’une solution négociée à la crise anglophone. « Si rien n’est fait à cette date, je reprendrai en décembre mon bâton de pèlerin, cette fois-ci, de Douala à Kumba. Je passerai Noël à Kumba, vivant ou mort», écrit-il sur sa page Facebook ce 15 octobre 2020.

Par ailleurs, le prêtre anthropologue lance une vibrante invitation à ses confrères prêtres de se joindre à lui « en soutane noire pour cette étape …Je supplie leurs hiérarchies respectives de ne pas s’y opposer. », dit le pelât.

Le père Lado lance dans la foulée un appel en direction de ses confrères prêtres, de se joindre à lui pour défendre cette cause, en plaidant pour que leurs hiérarchies ne s’opposent pas à leur déploiement à ses côtés. En attendant la nouvelle échéance, cet anthropologue et philosophe retourne dans les amphithéâtres du Tchad pour y vivre son autre passion. « Pourquoi avoir peur, n’avez-vous pas la foi …Il n’y a pas de crainte dans l’amour, l’amour parfait bannit la crainte » (1 Jn 4, 18) », rappelle l’homme de Dieu.

 Voici l’intégralité du texte du père Lado

 PELERINAGE DE LA FRATERNITE ET DE LA REPARATION :

C’EST QUOI LA SUITE ?

Chers compatriotes, amis de la fraternité et de la paix,

Comme vous le savez, la police d’Edéa, sur hautes instructions, a violé mes droits civiques et politiques le 13 octobre dernier en me reconduisant manu militari à Douala alors que j’étais au deuxième jour d’un pèlerinage que j’avais engagé pour prier et faire pénitence pour la paix, le dialogue et la réconciliation au Cameroun, particulièrement dans le NOSO. C’est quoi la suite ? J’interromps mon pèlerinage sur Yaoundé et donne de nouveau aux belligérants et à mon Eglise jusqu’à fin novembre pour s’impliquer activement dans la recherche d’une solution négociée à la crise anglophone qui blesse la dignité humaine. Si rien n’est fait à cette date, je reprendrai en décembre mon bâton de pèlerin, cette fois-ci, de Douala à Kumba. Je passerai Noël à Kumba, vivant ou mort. Je lance une vibrante invitation à mes confrères prêtres de se joindre à moi en soutane noire pour cette étape. Je supplie leurs hiérarchies respectives de ne pas s’y opposer. La peur est un mauvais guide. Un disciple du Christ ne se laisse pas guider par la peur mais par la compassion. Je dois bien vivre ma devise d’ordination sacerdotale qui était : « Pourquoi avoir peur, n’avez-vous pas la foi ?» (Mc 4, 40). En effet, « Il n’y a pas de crainte dans l’amour, l’amour parfait bannit la crainte » (1 Jn 4, 18). Je vous remercie de vos multiples prières et de votre soutien. Que Dieu vous bénisse abondamment et fasse de chacun de nous un ami et artisan de la justice, de la paix, de la réconciliation et de la fraternité au Cameroun. «Heureux les artisans de paix, car ils seront appelés fils de Dieu. (…) Heureux les persécutés pour la justice, car le royaume des cieux est eux » (Mt 5, 9-10). Entretemps, je regagne Ndjamena pour m’occuper de mes étudiants, en espérant vivement que je n’aurai pas besoin de revenir en décembre parce que les négociations de paix auront démarré. A nous revoir !

Très fraternellement,

Ludovic Lado SJ

Redigé par: Yann Vlad Atanga

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