La saison cacaoyère s’achève seulement en mi-juillet ; cependant, les chiffres à l’heure actuelle montrent une embellie de la production, malgré un contexte sécuritaire trouble.

La production du cacao en fin mai 2018 est évaluée à environ 220.000 tonnes. Une estimation qui augure de bonnes perspectives à deux mois de la clôture officielle de la campagne cacaoyère 2017-2018. C’est ce qui ressort d’une réunion d’évaluation de ladite campagne organisée en début juin par l’interprofession cacao-café.

Ces chiffres laissent entrevoir une augmentation de la production nationale par rapport à la campagne précédente qui avait donné 231.642 tonnes. Pour les acteurs de la filière, les prévisions de production de l’actuelle campagne incitent plutôt à la satisfaction, compte tenu de la situation sécuritaire qui prévaut dans la région du Sud-Ouest, l’un des grands bassins de production cacaoyère du Cameroun. En effet, une part importante des fèves produites dans cette partie du pays, manquera à l’appel à la fin de la campagne courante, à cause de l’abandon des champs par les producteurs qui fuient les exactions des sécessionnistes anglophones.

Ce qui a par ailleurs engendré un commerce frauduleux de la fève vers le Nigéria. Plusieurs villages du Sud-Ouest partageant une frontière poreuse avec le voisin nigérian. Une situation déjà décriée lors de la dernière campagne, et pour laquelle, le Ministre Luc Magloire Mbarga Atangana, avait promis aux producteurs un renforcement des mesures sécuritaires, toute chose que le gouvernement s’attèle à faire. Même si on reste encore loin des 600.000 tonnes de production que vise l’Etat du Cameroun pour 2020, on peut noter que les mesures annoncées lors du lancement de la campagne 2017-2018, ont fait leur effet. Il n’y a pas désertion massive de la filière comme on pouvait le craindre, le gouvernement ayant réussi à rassurer les producteurs de plus en plus découragés du fait de la contraction drastique des cours mondiaux du cacao.

De 1200 FCFA en 2015, le prix du Kg de cacao a baissé quasiment de moitié pour se situer à 800 FCFA en 2017. Ainsi, l’Etat a réduit de moitié le montant de la redevance à l’exportation la faisant passer de e de 150 à 75 FCFA le kilogramme. Aux organismes en charge de l’organisation de la filière cacao-café au Cameroun, Luc Magloire Mbarga Atangana avait prescrit pour la campagne courante, la généralisation du «système des ventes groupées» et le recours systématique «à l’occasion de la négociation des prix, aux prix de référence publiés par le Système d’information des filières (SIF)», dispositif qui permet d’informer les acteurs de la filière, de façon quotidienne, sur la moyenne des prix sur le marché, à travers divers canaux de communication. La reprise reste timide tout de même.

On aurait pu s’attendre à de mauvaises performances au regard de la situation sécuritaire au Sud-ouest qui ne s’est pas améliorée depuis la saison précédente. Mais, l’Etat veille. La culture du Cacao est au cœur de l’économie du Cameroun. Elle constitue la deuxième source de devises du pays. En 2015, le cacao représentait 19% des exportations du pays et rapportait 450 milliards de FCFA aux caisses de l’Etat. Elle reste aussi l’un des meilleurs secteurs pourvoyeurs d’emplois avec 600.000 emplois directs et indirects.

 

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Redigé par: Eric Adjouda.

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