Foumban: Les femmes Bamoun font leur "nyanga"

Foumban: Les femmes Bamoun font leur "nyanga"

Elles ont envahi les rues de la cité des arts, parées de leurs plus beaux atouts, pour montrer leur charme. C’était dans le cadre d’un carnaval.

Des brunes, des noirs, des métis. Accoutrées de pagnes et arborant des parures traditionnels sur la tête, sur le cou et autour de la hanche, les femmes Bamoun mettent en exergue leurs atouts physiques. Estimée à plusieurs milliers, elles font, en procession, le tour de la ville de Foumban sous des pas rythmés par les sons de la fanfare et de l’orchestre traditionnel qui les accompagnent. Nous sommes au carnaval de femmes Bamoun ce jeudi 6 décembre 2018. Le séduisant spectacle ne semble laisser personne indifférent. Amassés le long des rues, les autres applaudissent, crient à tue-tête lorsqu’on identifie une des siens dans les rangs. Quelques paroles lancées en langue Bamoun suffisent pour galvaniser les caravanières. Parties de l’entrée de l’entrée de la ville, elles se dirigent en chantant et en dansant vers la cour d’apparat du palais royal. Ici, SM Ibrahim Mbombo Njoya est bien installé. Différents groupes de femmes, viennent faire valoir leur talent de danseuse. Elles esquissent la danse du terroir dont la particularité en la capacité à bien tourner les reins. Après avoir dansé, elles font allégeance au roi et quittent la scène. Le spectacle est visiblement plaisant. Le sultan roi des Bamoun ne boude pas son plaisir. Le sourire qui le quitte à peine montre qu’il se délecte. Ses invités et les touristes aussi. « C’est une bonne ambiance, la musique, tout ça. C’est formidable, j’ai vraiment envie de revenir dans deux ans », lancent un Européenne, l’émotion à son comble. Emu par ce qui a vécu, le roi confie ces femmes pour une petite prolongation cette fois-là à la cour principale du palais. Il n’est plus seulement spectateur. Quelque fois, il se laisse emporter par l’envie irrésistible de bouger avec ces ambassadrices de la beauté de son royaume.

Innovation majeure de la 547ème édition du Nguon, festival du peuple Bamoun, le carnaval de la femme Bamoun organisé sous le thème « la femme Bamoun : belle, active, digne et décente …la femme Bamoun, gage d’un foyer prospère », est perçu comme un tremplin pour ces femmes souvent couvertes de préjugés de passer des messages des forts au reste de la communauté. « Le carnaval de la femme Bamoun est une idée de SM Ibrahim Mbombo Njoya, sultan roi des des Bamoun », renseigne Fadimatou Poumié, président du Cercle de réflexion pour le développement du Noun (Cerden). « Cette idée était celle de sortir la femme Bamoun de l’enferment dans lequel elle se trouve. Parce qu’il a remarqué que la femme Bamoun est dans tous les corps de métier, mais on ne la voit pas. Elle est toujours de par sa culture, enfermée ; elle ne s’exprime pas », poursuit-elle. Au-delà de la volonté de susciter l’émancipation de la femme, ce carnaval est d’après le comité d’organisation une invite à restaurer les valeurs ancestrales et à promouvoir le vivre ensemble. « Il y avait pendant le carnaval, des femmes avec des drapeaux sur la tête, c’était le vivre-ensemble. Quand on parle de ressourcement culturel, cela impose qu’on revienne à nos traditions. C’est pour cela qu’il y avait également pendant me carnaval, des femmes avec des colliers autour de la taille. C’est comme quel les femmes Bamoun s’habillaient à l’époque. Il ne faut pas toujours s’accrocher à la mondialisation ; il faut savoir d’où on vient pour savoir où on va », renchérit Fadimatou Poumié.

Redigé par: Gaël Tadj

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