XAMAIR-CO

Malgré tous les plans de restructuration de la principale compagnie de transport aérienne du cameroun, elle semble toujours connaitre des zones de turbulence. Et pour preuve six avions cloués au sol.

Après l’annonce en janvier 2019 de l’indisponibilité de quatre des six aéronefs qui constituent sa flotte, la compagnie vient de voir ses deux derniers avions être mis hors service. En effet, le 19 mars 2019, l’Autorité aéronautique a notifié à la compagnie la suspension de l’exploitation de son MA 60 chinois, à cause d’un «Tail Strike» (anglicisme décrivant un choc entre la queue d'un aéronef et le sol) survenu le 10 mars 2019, à l’aéroport de Bafoussam, dans la région de l’Ouest.

Quelques jours avant cela, c’est le Bombardier Q400 de la compagnie publique camerounaise qui avait été mis au garage, après avoir été heurté par un escabeau dans le parking, suite à un violent orage, apprend-on de sources internes. Afin d’assurer les nombreuses dessertes régionales et domestiques (avec un rythme de pratiquement 100 vols par semaine), et alors même que le top management de la compagnie aérienne projetait déjà la reprise, dès cette année, des vols vers Paris, Camair Co ne fonctionne actuellement qu’avec un petit avion du constructeur brésilien Embraer, loué en Guinée équatoriale, apprend-on de bonne source. Cette situation est annonciatrice de sérieuses contre-performances au cours de cette année 2019, après une année 2018 plutôt marquée du sceau du relèvement de la compagnie aérienne camerounaise, après plus de 6 années de turbulences.

En effet, après un chiffre d’affaires officiel de 1,4 milliard de francs CFA en janvier 2019, contre une moyenne mensuelle de 2,4 milliards de francs CFA, enregistrée tout au long de l’année 2018, les responsables de Camair Co, qui avaient projeté cet indicateur à seulement 700 millions de francs CFA en février 2019 (avec quatre avions hors service), doivent logiquement s’attendre à une chute drastique du chiffre d’affaires de la compagnie en ce mois de mars 2019, et probablement sur le reste de l’année courante. A moins que l’Etat camerounais, dont les tensions de la trésorerie sont de plus en plus visibles depuis 2 ans, à cause des dépenses sécuritaires qui explosent (Boko Haram, crise anglophone, insécurité dans l’Adamaoua, etc.), décide de casser sa tirelire pour le transporteur aérien national. De sources autorisées, Camair Co a par exemple besoin d’au moins 14 milliards de francs CFA, seulement pour refaire les moteurs de ses deux Boeing 737 cloués au sol depuis quelques mois.

Redigé par: Joseph k.

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