Avec plus de 60 féminicides recensés en huit mois, le Cameroun fait face à une recrudescence alarmante des violences mortelles faites aux femmes. Malgré les mesures officielles et l’activisme de la société civile, l’émotion reste vive après le meurtre de trop survenu à Yaoundé, relançant le débat sur l’impérieuse nécessité d’une législation répressive adaptée.
L’effroi s’est un peu plus enraciné dans la conscience collective cette semaine à Yaoundé. En l’espace de huit jours, au moins huit femmes ont perdu la vie sous les coups, soit un féminicide quotidien qui vient alourdre un bilan déjà intolérable. Le dernier drame en date, survenu le 25 août au quartier Fouda avec l’assassinat de la nommée Créscence Merline, poignardée dans un hôtel, illustre la brutalité aveugle d’un phénomène qui échappe de plus en plus au contrôle de la société.
Des chiffres vertigineux et des mesures en question
Les statistiques dressées au fil des ans donnent le tournis. De 50 cas enregistrés en 2023, le compteur est passé à 67 en 2024, puis à 77 l’an dernier, pour déjà franchir la barre des 60 victimes avant même la clôture du mois d’août 2026.
Face à cette courbe ascendante, les actions gouvernementales annoncées en grandes pompes, notamment lors de la conférence de presse conjointe des ministres en juin dernier, peinent à produire des résultats tangibles. Sur le terrain, les organisations de la société civile multiplient les initiatives — sensibilisation, autonomisation des femmes et prise en charge des victimes —, mais se heurtent à de lourds obstacles structurels.
Le vide juridique en ligne de mire
Parmi les principaux écueils relevés par les observateurs et les juristes, le flou juridique reste le talon d’Achille de la riposte étatique. La législation actuelle ne prend toujours pas en compte de manière spécifique la qualification de féminicide, tandis que l’adoption du Code de la famille continue de piéminer dans les arcanes institutionnelles.
Entre indignation populaire et lenteurs administratives, la lutte contre ces crimes odieux requiert désormais une synergie d’action globale. À l’heure où les drames se succèdent à un rythme insoutenables, c’est toute la chaîne de protection et de répression qu’il urge de refonder pour endiguer cette hémorragie sociale.





