Dans cette sortie de l’ancien journaliste d’équinoxe tv sous la forme d’une tribune, il revient sur certaines polémiques qui évoquait des coalitions avec le leader du Mrc en 2025.
« KAMTO A DIT NON ! » : LA FARCE POLITIQUE DE CEUX QUI VEULENT RÉÉCRIRE L’HISTOIRE AVEC DES TEXTOCORNUS SUR FACEBOOK
Il faut parfois arrêter le cirque.
Une publication circule avec cette affirmation : « Les leaders du FSNC, UNDP, UDC, en plus de Akéré Muna, Iyodi… ont sollicité une coalition avec Kamto en 2025.
« IL A DIT NON. »
Une phrase courte. Une accusation lourde. Mais surtout une phrase qui mérite d’être passée au broyeur de la vérification factuelle.
Car lorsqu’on veut faire de la politique sérieusement, on ne peut pas remplacer les faits par des slogans de réseaux sociaux.
PREMIÈRE QUESTION : SI KAMTO A DIT « NON », POURQUOI N’ONT-ILS PAS FAIT LEUR COALITION ENTRE EUX ?
Maurice Kamto avait été écarté de la compétition présidentielle de 2025. Mais le 17 septembre 2025, il appelait publiquement les candidats de l’opposition à se regrouper derrière un candidat unique ou, à défaut, à constituer une coalition de poids.
Donc la petite légende du « Kamto a dit NON » ne résiste pas à la première confrontation avec les faits.
Mais admettons, pour les besoins du procès, que Kamto ait refusé une formule précise.
Pourquoi les autres n’ont-ils pas fait leur coalition ?
– Tchiroma était candidat.
– Bello Bouba était candidat.
– Akere Muna était candidat.
– Cabral Libii était candidat.
– Joshua Osih était candidat.
– Hermine Ndam Njoya était candidate.
Et plusieurs autres étaient également en compétition.
Alors pourquoi cette magnifique opposition, paraît-il animée par l’amour du peuple, n’a-t-elle pas réussi à faire ce qu’elle reprochait à Kamto de ne pas faire ?
Pourquoi Tchiroma et Bello Bouba n’ont-ils pas simplement fusionné ?
Akere Muna lui-même dénonçait publiquement l’incapacité de Bello Bouba et de Tchiroma à s’entendre et appelait à une grande coalition.
On voudrait aujourd’hui nous raconter que Kamto aurait été le grand fossoyeur de l’unité de l’opposition.
Mais les faits racontent quelque chose de beaucoup plus complexe.
– Une coalition était recherchée.
– Des rencontres ont eu lieu.
– Des appels publics ont été lancés.
– Des candidats ont discuté.
Des candidatures ont même été retirées en cours de route pour soutenir d’autres candidats.
Et pourtant, l’opposition n’est jamais parvenue à construire le front commun qu’elle promettait au peuple.
Alors cessons cette hypocrisie.
LE PEUPLE RECHERCHAIT SON BON DIABLE, LE PLUS IMPORTANT ETAIT DE CHASSER LE SYSTÈME EN PLACE.
Quand onze candidats se retrouvent incapables de produire une candidature commune, il est intellectuellement malhonnête de transformer un seul homme absent du scrutin en bouc émissaire universel.
LE PROBLÈME N’ÉTAIT PAS SEULEMENT KAMTO. LE PROBLÈME ÉTAIT L’EGO.
Le véritable spectacle de 2025 n’était pas seulement celui d’une opposition face au pouvoir.
C’était celui de plusieurs ambitions personnelles se disputant le même fauteuil tout en prononçant simultanément le mot magique : « coalition ».
– Coalition, oui.
-Mais derrière moi.
– Unité, oui.
-Mais avec mon candidat.
– Consensus, oui.
– Mais pas celui qui m’élimine.
– Sacrifice, oui.
– Mais que l’autre commence.
Voilà le véritable problème.
On ne construit pas une coalition avec des ego présidentiels emballés dans du papier cadeau patriotique.
Et surtout, on ne vient pas après coup fabriquer une fable dans laquelle un seul homme aurait dit « NON » pendant que tous les autres auraient héroïquement tenté de sauver le Cameroun.
Non.
La réalité est beaucoup moins confortable :
ils n’ont pas réussi à s’entendre.
Et ceux qui veulent aujourd’hui faire porter toute la responsabilité à Kamto doivent répondre à une question élémentaire :
Si Kamto était réellement l’obstacle, pourquoi son exclusion de la présidentielle n’a-t-elle pas produit automatiquement la coalition tant recherchée ?
Silence.
Deuxième question :
Si Tchiroma était réellement le candidat naturel du rassemblement, pourquoi a-t-il fallu autant de tractations pour convaincre les autres ?
Silence encore.
Troisième question :
Si l’objectif supérieur était réellement de battre le pouvoir, pourquoi chaque camp a-t-il autant tenu à préserver son propre candidat ?
Encore silence.
LE CAMEROUN N’A PAS BESOIN DE MYTHOLOGIE POLITIQUE
Il a besoin de mémoire.
De chronologie.
De documents.
De procès-verbaux.
De déclarations vérifiables.
Et surtout d’hommes politiques capables d’assumer leurs choix sans fabriquer, six mois ou un an plus tard, un récit destiné à faire porter leurs propres échecs à un absent.
Le peuple camerounais n’est pas amnésique.
Il se souvient de ceux qui demandaient l’unité.
Il se souvient de ceux qui refusaient certaines alliances.
Il se souvient de ceux qui ont changé de position.
Il se souvient de ceux qui ont félicité Tchiroma.
Il se souvient surtout que, malgré tous les discours sur « l’intérêt supérieur de la Nation », l’opposition n’a pas réussi à transformer ses déclarations d’amour pour le peuple en une stratégie électorale commune.
Alors, avant de fabriquer un nouveau coupable :
Produisez les preuves du fameux « NON ».
Et l’histoire du Cameroun ne s’écrit pas avec des captures d’écran Facebook.
Par
Charles Armel MBATCHOU
Journaliste engagé – Analyste politique et chroniqueur – Historien d’art





