Politique : pour Me Assira, l’heure des compte a sonné

Dans une sortie, l’avocat au barreau du Cameroun estime clairement que l’on est arrivé au temps des compte après le verdict du Conseil constitutionnel qui invalide définitivement la candidature de Maurice Kamto à l’élection présidentielles d’octobre prochain.

le texte en question

L’HEURE DES COMPTES ?

Au moment où s’éteignent les lampions sur ce contentieux pré-électoral qui semblait couru d’avance, commence l’heure du bilan qui devra être fait par chacun avec un minimum de froideur et de recul dans la perspective de corriger ce qu’il y aura lieu de l’être.

Le fait de voir les partisans du parti majoritaire s’extasier me conduit à me demander s’ils craignaient vraiment quelque chose en se présentant d’abord devant Elecam et en ayant par la suite été attraits devant le conseil constitutionnel . À vaincre sans péril, le triomphe est-il vraiment glorieux?

Au-delà des gagnants et des perdants, nous devons rester concentrés. Personnellement, je crois qu’il y a une grande urgence de refonte de notre loi électorale car ce qui s’est passé devant ELECAM ou devant le Conseil Constitutionnel a laissé plus d’un observateur ébaubi.

Quelle que soit la bonne foi des membres de ces instances, leur mode de désignation fondé sur l’exclusivité et la prépondérance du Président de la République ne leur conférera jamais ni à eux la légitimité sur laquelle repose le fondement leur mission ni à leurs décisions l’impartialité qui doit s’attacher à toute œuvre de départage.

Le Président de la République qui est candidat et Président d’une formation politique qui a institué dans ses statuts l’automaticité de sa reconduction comme candidat et partant, son immutabilité et son inamovibilité ne peut pas seul designer les membres de ces instances et faire croire que les décisions qui émaneraient de leur sein seront lisibles, audibles et compréhensibles de tous, y compris de ses adversaires qui aspirent à lui succéder.

La jurisprudence faite des décisions antérieures du conseil constitutionnel n’a jamais permis de conférer à cette institution auprès du public la confiance que les citoyens sont en droit d’attendre spontanément de leurs juridictions.

Ces doutes qui s’instillent progressivement dans les habitudes risquent de finir par devenir un poison lent dont les conséquences peuvent être dommageables.

On m’objectera que ça se passe de la même manière dans les pays de démocratie dite avancée. J’en doute car dans ces pays, non seulement les contre-pouvoirs sont effectifs, le président de la République n’est pas un hégémon, mais la culture démocratique a développé le « devoir d’ingratitude » qui consiste à privilégier la République plutôt que le Président et contraste avec l’impression de devoir de reconnaissance auquel on assiste chez nous à la faveur des nominations présidentielles.

Dans tous les cas, ce qui s’est passé doit constituer pour tous une leçon pour les scrutins présidentiel, législatif et municipal qui arrivent très vite et inviter les uns et les autres à se réinventer.

Il va falloir, puisque désormais les dés sont jetés et qu’une réforme n’est plus guère envisageable dans le délai de deux mois qui nous sépare de la 1ère élection de la série et qui est aussi l’élection majeure, faire preuve de génie, de créativité, d’ingénuité pour redonner à notre pays la perspective d’un jeu démocratique non cadenassé et éviter de le voir plonger dans l’incertitude.

 

 

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