Paul Ayah Abine au sujet du Grand dialogue : « c’est une grande tontine pour le partage de l’agent »

Paul Ayah Abine

Paul Ayah Abine ne prend pas très au sérieux les résolutions prises au grand dialogue national convoqué par le chef de l’Etat ,à l’effet de trouver une solution à la guerre qui déchire les régions du Nord-Ouest et Sud-ouest.

Le juge à la retraite l’a fait savoir dans un entretien accordé au quotidien Le Jour, parution de ce vendredi 4 septembre 2019. Selon l’ancien Procureur général auprès de la cour suprême, « Le soi-disant Grand dialogue national ne relève que du show biz ». Bien plus, le magistrat hors hiérarchie, pense que « c’est une grande tontine, pour le partage d’argent ». « Ça ne va rien résoudre… » Lâche-t-il. Ayah Abine estime qu’il est illogique de parler de paix et prôner en même temps la guerre.

Lire la sortie intégrale de Paul Ayah

Les gens pensent que ce sont les séparatistes qui empêchent les enfants d’aller à l’école. Non, je dirais plutôt que ce sont les parents qui ne veulent pas envoyer leurs enfants à l’école. Quel parent aurait le courage avec toutes les balles qui sifflent, d’envoyer son enfant à l’école?

Dès qu’il y a le cessez-le-feu, l’école va reprendre naturellement, il n’y aura pas de campagne pour que l’école reprenne, qu’on libère tout le monde. Dans les années 80, on a eu des hommes qui ont fait peut-être pire. Non seulement ils ont été tous libérés, mais certains ont même été récompensés avec des postes ministériels. (Parlant du coup d’Etat d’avril 1984), d’autres sont des hautes personnalités au Senat et partout.

Mais on ne peut faire pareil quand il s’agit des Anglophones, on libère tout ce monde, et on va utiliser ce monde, parce que la crise c’est eux, bien qu’ils soient enfermés, les choses ne font que s’empirer. On les utilise pour trouver les solutions, ce sont ces personnes qui vont parler aux populations et non tous ceux qu’on invite pour le dialogue. Parlant du grand dialogue national En fait c’est une grande tontine, pour le partage d’argent, ça ne va rien résoudre.

Non seulement il emploie certaines phrases très provocatrices comme « soit disant marginalisation des anglophones », mais il déclare au peuple camerounais que les Anglophones doivent se contenter du poste de Premier Ministre qui leur revient depuis trois décennies. Donc pour lui, cela a dépassé le stade de la crise, c’est une guerre.

La guerre anglophone se résume autour des postes, il va même plus loin et dits aux Anglophones qu’ils ne peuvent pas avoir beaucoup de postes pour chaque village, quartier et famille. Pour lui, il n’est pas question de crise parce que celle-ci n’existe pas.

Le soi-disant Grand dialogue national pour moi, peut-être cela relève du show biz, le gouvernement subit des pressions de nos partenaires à l’étranger et le gouvernement veut faire semblant de régler une crise. Si le chef de l’Etat voulait vraiment régler la crise, je pense que ce n’est pas le cas, il aurait commencé la déclaration de cessez-le-feu. On ne peut pas parler de paix et on prône plutôt la guerre.

Au lendemain de sa déclaration, le nombre des soldats a quadruplé dans les régions anglophones. Nous parlons paix et nous prônons plutôt la guerre. Et je serai là, après le grand dialogue, de semaines, des mois et des années après pour vous répéter les propos que je tiens ici aujourd’hui, c’est le Show biz. .

Partager l'article:
Étiquettes:

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Lire sur mobile

QR Code
Ne perdez plus rien, recevez le résumé de l'actualité quotidienne, directement dans votre courriel.

Vous êtes désormais inscrit à notre newsletter, merci de faire partie de notre auditoire!

Dans la même catégorie:

Dans cette sortie, l’universitaire demande arbitrage du ministre de tutelle pour la résolution de ce problème de faux diplôme à l’université de Maroua et la

L’économiste Louis Marie Kakdeu dans cette tribune lance un cri d’alarme sur le système de santé au Cameroun qui privilégie le soignant plutôt que sur

Ousmanou Magadji, observateur de la scène politique au Cameroun questionne avec un certain regret ce qu’est devenu le philosophe camerounais. Il y a des philosophes

Dans cette tribune de Dominique Fousse l’avocate et militante des droits de l’homme, elle revient sur cette nouvelle gangrène qui est entrain de prendre une

Dans cette analyse, le journaliste Albin Michel Njilo jette un regard sur celui qui est actuellement au centre des grands projets structurants au Cameroun :

L’ancien ministre et actuel conseiller technique au ministère de la justice Michel Ange Angouing dans cette tribune donne une explication claire sur les enjeux autour