International Crisis Group s’interroge sur la forte participation dans les régions anglophones.
Dans son dernier rapport consacré à la situation post-électorale au Cameroun, l’International Crisis Group (ICG) s’étonne de la forte hausse du taux de participation enregistrée dans les régions anglophones du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. Selon l’ONG, ce taux serait passé de 9 % en 2018 à 46 % en 2025, une progression jugée « difficilement explicable » dans un contexte marqué par la guerre, la défiance envers le régime Biya et le déplacement de centaines de milliers de personnes.
Le rapport indique que certaines zones rurales auraient affiché des taux de participation allant jusqu’à 80 %, avec une majorité des voix attribuées au président sortant, Paul Biya. Pourtant, rappellent les analystes, les groupes séparatistes avaient imposé un confinement de six semaines pour empêcher la tenue du scrutin.
ICG souligne également que l’opposant Issa Tchiroma Bakary, arrivé deuxième, jouissait d’un fort appui populaire dans ces régions, notamment en raison de ses promesses de libérer les leaders anglophones, d’engager un dialogue national et d’instaurer un fédéralisme rénové.
Le rapport met aussi en cause la lenteur du processus de publication des résultats, considérée comme un facteur de tension. Alors que les bureaux de vote avaient fermé le 12 octobre à 18h, les résultats n’ont été transmis au Conseil constitutionnel que dix jours plus tard.





