Présidentielle 2025 : tous veulent remplacer un Paul Biya jugé usé

Face à une présidentielle 2025 marquée par 84 candidatures, Rosalie Ananga y voit un acte de protestation contre un pouvoir vieillissant et déconnecté.

« À mesure que l’échéance de l’élection présidentielle approche, un phénomène inédit secoue le paysage politique camerounais : une avalanche de candidatures. Pas moins de 84 postulants se sont signalés auprès d’ELECAM, l’organe en charge de l’organisation des élections, avec des profils qui s’étendent du paysan retraité au fonctionnaire, du pasteur à l’activiste inconnu, jusqu’aux habitués de la scène politique nationale.

Si plusieurs de ces candidatures ne remplissent pas les critères formels,  absence de caution, dossiers incomplets ou défauts de parrainage, leur présence n’est pas pour autant anodine. Elle traduit un message politique fort : une population excédée par un pouvoir jugé usé, distant et déconnecté, qui cherche de nouvelles voies d’expression.

Pour beaucoup, cette ruée vers la présidence n’est pas tant motivée par une réelle ambition de gouverner que par le besoin de marquer un refus, une opposition symbolique à un système figé depuis des décennies. Le dépôt de candidatures, même sans issue, devient un acte de protestation, un cri lancé à la face d’un pouvoir perçu comme indifférent aux souffrances quotidiennes.

Dans l’opinion, le président sortant incarne de plus en plus l’image d’un chef d’État absent, reclus dans son palais, apparaissant rarement en public et n’intervenant qu’à de rares occasions. Une figure vieillissante, silencieuse, déconnectée des réalités sociales, économiques et politiques d’un pays en quête de renouveau. Cette perception alimente un sentiment d’inutilité du sommet de l’État, renforçant l’idée que la fonction présidentielle s’est vidée de son sens et que le changement est non seulement souhaitable, mais nécessaire.

Mais cette vague de candidatures traduit aussi une autre désillusion : celle envers l’opposition traditionnelle, accusée de mollesse, de calculs personnels, et d’absence de stratégie claire face à un régime vieillissant. Pour une partie de la population, ces figures de l’opposition, longtemps perçues comme porteuses d’espoir, n’incarnent plus l’alternative crédible. Elles semblent engluées dans des querelles internes, des postures stériles, et une incapacité à s’unir pour offrir un véritable projet de rupture.

Cette flambée de candidatures, bien que souvent tournée en dérision, est révélatrice d’un mal plus profond : celui d’une démocratie à bout de souffle, d’un peuple lassé par le statu quo, et d’une société qui tente, par tous les moyens, de se faire entendre.

Derrière l’apparente exagération, c’est une détresse collective qui s’exprime. Une volonté, parfois maladroite, de dire que trop, c’est trop. Et qu’il est temps que les choses changent.»

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