Présidentielle: Cabral appelle à la coalition, Nkou Mvondo refuse

Cabral plaide pour une alliance Bello-Tchiroma-Akere, Nkou Mvondo ferme la porte.

À un mois du scrutin présidentiel prévu le 12 octobre 2025, l’opposition camerounaise peine toujours à parler d’une seule voix. Malgré les initiatives de concertation, la perspective d’un candidat consensuel face à Paul Biya, au pouvoir depuis 43 ans, s’éloigne jour après jour.

Le président du PCRN, Cabral Libii, tente de rallier les camps divisés autour d’une initiative qu’il qualifie d’« intergénérationnelle ». Lors d’une conférence de presse donnée le 9 septembre à Yaoundé, le troisième de la présidentielle 2018 a exhorté les ténors historiques de l’opposition à donner l’exemple :

« J’appelle solennellement les trois septuagénaires que sont maître Akere Muna, le ministre Bello Bouba et le ministre Issa Tchiroma à coaliser. Une fois qu’ils l’auront fait, l’exemple sera venu des aînés. Et nous, les cadets, on avisera. »

Dans le même esprit, Maurice Kamto, candidat recalé du Manidem, a reçu à Yaoundé Bello Bouba Maïgari, président-candidat de l’UNDP. Selon ses proches, cette rencontre marque le lancement d’une série de consultations pour préparer une éventuelle consigne de vote à ses partisans.

Mais la tâche est loin d’être simple. Les relations entre figures issues du Septentrion restent marquées par une rivalité de plus de trois décennies, née du départ d’Issa Tchiroma de l’UNDP pour rejoindre le gouvernement. Le 7 septembre, Bello Bouba appelait encore à « un pacte pour l’alternance », avant de se désolidariser quelques jours plus tard du groupe de Douala, soupçonné de vouloir propulser Issa Tchiroma comme candidat consensuel. Le meeting prévu le 13 septembre a d’ailleurs été interdit par les autorités pour « raisons d’ordre public ».

À ces tensions s’ajoute la position ferme du Pr Nkou Mvondo. Le président du parti Univers, qui soutient la candidature d’Akere Muna, a clairement fermé la porte à toute alliance avec Bello Bouba et Issa Tchiroma.

«Akere est déjà engagé dans une coalition portée par Univers, avec l’UPC, le PAP, le Parti du peuple et plusieurs organisations de la société civile », a-t-il rappelé sur Info TV.

Allant plus loin, l’universitaire a mis en cause la loyauté de ces anciens barons du régime : « Bello Bouba et Issa Tchiroma nous disent qu’ils ont quitté le cercle restreint de Paul Biya parce qu’il ne leur parlait plus. Si nous faisons une coalition avec eux et que, quelques jours avant le scrutin, Paul Biya les appelle pour rétablir le dialogue, ils vont nous abandonner. »

À l’approche de l’échéance électorale, les divisions de l’opposition s’exacerbent, entre rancunes anciennes, calculs stratégiques et méfiances mutuelles.

Un scénario qui pourrait, une fois de plus, laisser le champ libre au président sortant pour décrocher son 8e mandat consécutif.

 

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