Pour la présidentielle de 2025 au Cameroun, 81 candidatures ont été enregistrées, ce qui inquiète le juriste Abóúbakari Abóú, qui estime que cela nuit à la crédibilité du scrutin. Il propose d’introduction d’une somme non remboursable de 5 millions de FCFA lors du dépôt des dossiers pour responsabiliser les candidats et limiter les candidatures fantaisistes. Une mesure qui, selon lui, va renforcer la rigueur, la crédibilité du processus électoral et la qualité du débat présidentiel.
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« On n’élit pas un Président de la République comme on désigne un chef de classe ! Le sérieux d’une élection dépend du sérieux des candidats.
À chaque élection présidentielle, le Cameroun voit émerger une multitude de candidatures dont plusieurs relèvent davantage du folklore politique, de la recherche de visibilité ou d’une imposture que d’un véritable projet présidentiel. Cette foultitude de candidatures dites « fantaisistes » sape la crédibilité du processus électoral et fragilise la portée institutionnelle de l’élection présidentielle. Pour le scrutin de 2025, près d’une cinquantaine de dossiers ont été déposés auprès de la commission de réception des candidatures d’ELECAM.
Comment stopper ces candidatures fantaisistes ? J’ai une solution. Rien ne discipline mieux qu’un coup au portemonnaie, disait quelqu’un. En l’état actuel de la loi, la seule contrainte financière imposée aux candidats à l’élection présidentielle est le versement d’un cautionnement de trente millions (30 000 000) de francs CFA au Trésor, remboursable sous les conditions fixées par l’article 147 du Code électoral. Toutefois, il a été constaté que nombre de postulants déposent leur dossier même sans avoir versé cette somme auprès du Trésor public. Le versement du cautionnement n’est pas le seul élément du critérium de candidature qui n’est pas respecté.
Cette pratique engendre non seulement une surcharge pour ELECAM et le Conseil constitutionnel, mais elle nuit également au sérieux de l’enjeu de l’élection présidentielle.
Afin de rétablir la rigueur et la responsabilité dans la procédure de candidature, on peut humblement proposer au législateur camerounais d’introduire une disposition contraignante dans le Code électoral, exigeant qu’une tranche non remboursable de cinq millions (5 000 000) de francs CFA soit obligatoirement versée en espèces lors du dépôt du dossier de candidature à l’élection présidentielle. Ce montant restera acquis et versé au Trésor par ELECAM en cas de retrait de candidature après publication de la liste des candidats retenus par le Conseil électoral ou lorsque le dossier est frappé d’une incomplétude manifeste, c’est-à-dire qu’il manque clairement des pièces essentielles, sans possibilité de régularisation. Pour ce dernier cas, l’on peut citer l’absence de la liste des 300 signatures pour la candidature indépendante, le non-versement du cautionnement, l’absence de l’âge requis pour candidater, ou une investiture portée par un parti n’ayant aucun élu. Ce sont des manquements irrémédiables, connus du candidat.
L’objectif de cette mesure n’est nullement d’écarter arbitrairement les candidatures, mais plutôt de responsabiliser les aspirants à la magistrature suprême. Elle vise à assurer que ceux qui se présentent devant le peuple camerounais ont la capacité organisationnelle ainsi qu’une détermination personnelle et financière. En dissuadant les candidatures fantaisistes, elle contribuera à rehausser le niveau du débat présidentiel et à renforcer la crédibilité du processus électoral dans son ensemble.»
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