Mgr Yaouda Hourgo exige la fin du régime de Paul Biya.
Les déclarations de Mgr Yaouda Hourgo, Évêque de Yagoua, résonnent tel un cri de ralliement contre un pouvoir jugé oppressif. « On ne va pas souffrir plus que ça encore. On a déjà souffert. Le pire ne viendra pas. Même le Diable qu’il prenne d’abord le pouvoir au Cameroun et on verra après », a-t-il déclaré.
Longtemps considérée comme réservée, l’Église catholique du Cameroun semble enfin prendre position. Si les prélats ont traditionnellement évité d’entrer dans les débats politiques, la situation économique et sociale du pays pousse aujourd’hui ces voix autorisées à s’exprimer avec une fermeté croissante. Cette montée de la contestation provient, entre autres, de l’intention de Paul Biya, président depuis plus de 42 ans, de briguer un 8e mandat à l’âge de 91 ans.
Mgr Samuel Kleda, Archevêque métropolitain de Douala, a déjà exprimé son scepticisme quant à la capacité de Biya à continuer à assumer ses fonctions, déclarant : « Cela n’est pas réaliste […] Nous sommes des êtres humains. À un moment donné nous quittons ce monde, nous ne pouvons pas faire des miracles. ».
De son côté, Mgr Jean Mbarga, Archevêque métropolitain de Yaoundé, appelle les fidèles à prendre conscience de leur responsabilité civique. Il rappelle que « c’est déjà l’année jubilaire, c’est bientôt l’année électorale », invitant chacun à s’engager activement pour changer la dynamique politique du pays.
La répression des voix critiques ne laisse pas Mgr Emmanuel Abbo, Évêque de Ngaoundéré, indifférent. Il exprime avec force que « Qu’on interdise aux Camerounais d’exprimer leur souffrance, parce que l’État est le rouleau compresseur ».
L’élection présidentielle de 2025 ne sera pas seulement une simple formalité pour Paul Biya. Elle représentera un tournant, un moment où la société civile et l’Église se demandent si le pays peut réellement espérer un avenir meilleur.





