Le parti de la Balance promet de publier les résultats quelques heures après la fermeture des bureaux de vote.
À quelques jours du scrutin présidentiel du 12 octobre 2025, le Social Democratic Front (SDF) suscite la controverse. Le parti dirigé par Joshua Osih affirme disposer d’un dispositif national de 31 670 observateurs électoraux déployés à travers les dix régions du pays, capables de donner les résultats finaux du vote quelques heures seulement après la fermeture des bureaux.
Dans un communiqué relayé sur les réseaux sociaux, le SDF se veut rassurant : son réseau d’observateurs civiques permettra d’assurer la transparence, la fiabilité et la crédibilité du processus électoral.
« Nous serons en mesure de publier nos chiffres, basés sur les procès-verbaux de terrain, quelques heures après la fin du vote », déclare un responsable du parti.
Cette initiative, selon le SDF, vise à « éviter toute manipulation des résultats officiels » et à garantir une « vérité des urnes indépendante ».
Des soupçons de collusion avec le pouvoir
Mais cette sortie de ce parti d’opposition n’a pas manqué de faire grincer des dents. Plusieurs internautes accusent le SDF de « jouer le jeu du régime ».
Le parti de Joshua Osih , qui a refusé de s’allier à d’autres forces de l’opposition, est soupçonné de vouloir « légitimer la victoire » du président sortant Paul Biya, en se présentant comme un « tiers neutre » capable de « valider » les résultats.
« Derrière cette soi-disant mission d’observation, se cache une opération politique pour donner un vernis démocratique à un scrutin déjà verrouillé », confie un militant proche d’un autre candidat de l’opposition.
Certains y voient une « stratégie subtile » du SDF pour soutenir implicitement le pouvoir tout en conservant une façade de neutralité.
« En refusant de s’unir à d’autres candidats, Joshua Osih a affaibli l’opposition. Maintenant, avec ses 30 000 observateurs, il risque de servir de caution morale à une victoire contestée », déplore un responsable du Front pour le Salut National du Cameroun (FSNC) d’Issa Tchiroma Bakary.
Pour ses partisans, au contraire, le SDF reste fidèle à son ADN : défendre la démocratie par les moyens institutionnels, sans céder à la rue ni à la confrontation.





