Pour l’universitaire et homme politique, les camerounais ont clairement démontré leur attachement à la démocratie et espèrent que le respect des urnes sera effectif.
Il est des jours où l’histoire hésite, puis se décide. Le 12 octobre 2025 est de ceux-là. Ce jour-là, le peuple camerounais a cessé d’attendre. Il s’est levé, non pas dans la colère stérile, mais dans une exigence de vérité.
Il ne s’agit plus d’une foule désorientée, mais d’une communauté qui réclame, qui veille, qui témoigne. Une population qui ne demande pas l’impossible, mais simplement le respect des résultats sortis des urnes. Une population qui ne veut pas imposer, mais comprendre, vérifier, honorer le pacte démocratique.
l n’y a pas vraiment eu de campagne! Nous avons assisté à une série de consultation où le peuple et les hommes politiques ont été éjectés du processus. Ensuite nous avons vu ce que nous voyons tous les jours, des femmes et des hommes qui dansent dans le malheur comme dans la joie.
Mais pour revenir à ce peuple, moi qui ai longtemps douté de sa capacité à faire, à dire, à tenir, je suis aujourd’hui témoin d’un retournement. Ce peuple que j’ai vu se taire quand il fallait parler, se disperser quand il fallait tenir, je le vois désormais se rassembler, s’élever, réclamer. Et je suis fier. Fier de cette mobilisation qui n’est pas seulement politique, mais mémorielle. Fier de cette parole qui devient acte, de cette présence qui devient promesse.
Le Cameroun n’est plus une attente : il devient une volonté. Une volonté de justice, de transparence, de dignité. Une volonté que nous devons accompagner, non pas en la récupérant, mais en la servant. Car ce peuple qui se lève n’est pas un outil : c’est une source. Une source de vérité, de courage, de réparation.
Je salue à titre personnel cette mobilisation comme un acte fondateur.
Bien évidemment, je ferme les yeux sur le spectacle macabre que nous livrent les loueurs et autres locataires des partis politiques. Leurs attitudes confirment, s’il en était encore besoin, que seul le peuple est maître de son destin.
Dans quatre ou cinq mois, ce sont les législatives et les municipales. Et oui, il y a des raisons de croire. Croire en ce peuple qui se relève. Croire en cette démocratie qui, enfin, nait et respire.
Le Cameroun se réveille. Et ce réveil est une grâce. Je pense à Jean Marc Ela, Fabien Eboussi Boulaga, je pense aussi au journaliste Samuel Wazizi qui aurait aimé couvrir ce type d’événements enfin à Charles Sylvestre Ateba Éyene, c’était une grande gueule.





