La défense de l’homme d’affaires Jean-Pierre Amougou Belinga a lancé une nouvelle offensive judiciaire visant à obtenir sa remise en liberté provisoire. Une énième demande de remise en liberté rejetée
Le 22 septembre, alors que débutait l’interrogatoire des témoins, Me Tchoungang a introduit une nouvelle requête pour obtenir la liberté de son client. La décision du Tribunal militaire ayant été défavorable, les avocats ont immédiatement saisi la Cour d’appel du Centre pour en demander l’annulation. Cet énième recours s’inscrit dans la continuité d’une stratégie procédurale qui vise à remettre en cause la détention préventive, devenue un enjeu majeur du bras de fer entre les parties.
Pour appuyer leur demande, les avocats d’Amougou Belinga ont avancé trois arguments principaux : Les trois piliers de la stratégie de la défense et l’impact économique de la détention.
Selon Me Tchoungang, les entreprises de l’homme d’affaires —notamment Vision Finance et le groupe L’Anecdote — subissent de lourdes pertes depuis son incarcération en février 2023. L’avocat évoque une trentaine de milliards de francs CFA envolés dans la microfinance, ainsi que des partenariats bancaires bloqués. Pour la défense, la liberté de leur client constituerait une garantie suffisante, notamment au regard de son poids économique et social.
Le cas de Bruno Bidjang, poursuivi dans la même affaire mais autorisé à comparaître libre, est également mis en avant. Les avocats estiment que la même logique devrait s’appliquer à Amougou Belinga, sous contrôle judiciaire, afin de lui permettre de gérer ses entreprises et de rassurer ses partenaires.
La défense invoque aussi une décision de décembre 2023, dans laquelle un juge d’instruction avait ordonné la remise en liberté d’Amougou Belinga et de l’ex-patron de la DGRE, Maxime Eko Eko. Bien que cette décision ait été ensuite déclarée « fausse » par le magistrat lui-même, la défense continue d’en revendiquer l’authenticité, soulevant des interrogations sur la lisibilité et la sécurité juridique des décisions judiciaires dans ce dossier hypermédiatisé.
Les chances de succès de cette nouvelle tentative restent faibles, selon plusieurs analystes, en raison de la nature des charges : un procès pour assassinat, avec des risques élevés de pression sur les témoins et de fuite. L’ordonnance de renvoi accuse Amougou Belinga d’avoir incité le lieutenant-colonel Justin Danwe, alors directeur des opérations de la DGRE, à organiser l’opération ayant conduit à l’enlèvement et au supplice mortel du journaliste.





