Georges Dougueli. le journaliste camerounais travaillant pour Jeune Afrique analyse la posture actuelle du président américain Donald Trump qu’il apparente à un « Diable »
« Cette envie fiévreuse de tout casser pour espérer mieux reconstruire se répand à la vitesse du Covid. Pour ne pas sombrer dans un abîme de perplexité, accrochons-nous aux branches de nos intérêts secoués dans tous les sens par ce vent de pragmatisme tourbillonnant soutenu par un nihilisme aux atours inquiétants. Dans un monde de brutes, peut-être le cynisme nous réussira-t-il mieux ? Donald Trump n’a que mépris pour la démocratie ? Faut-il s’en plaindre ? J’essaie mais n’y arrive pas. Je me surprends même à souhaiter honteusement qu’un coup fumant de la même nature nous débarrasse de quelques démocratures corrompues et illibérales d’Afrique équatoriale qui pousse des millions de jeunes à mourir sur les routes de la migration vers l’occident. Après tout, qu’elle soit intérieure ou étrangère, la colonisation n’est-elle pas un crime à combattre par tous les moyens ? De ce fait, il n’y a pas loin d’encourager le démantèlement de l’ordre mondial issu de Yalta. D’autant que, par honnêteté, il faut reconnaître à la folie destructrice «trumpienne» la vertu de renverser la table des principes sacro-saints du droit international conçu d’une part pour garantir les intérêts des grandes puissances tout en établissant comme intangible la fameuse souveraineté wesphalienne, ce hui-clos mortifère, qui permet aux régimes autoritaires de se maintenir à coup d’élections truquées, de violation de droits humains, de restrictions de libertés, de traques d’opposants, sous le regard impuissant de la «Communauté internationale», tenue à distance au nom du principe de la non-ingérence ».





