L’avocate et militante camerounaise Michèle Ndoki a donné de ses nouvelles après plusieurs jours de silence qui avaient alimenté de nombreuses rumeurs.
Dans une déclaration relayée sur les réseaux sociaux, elle affirme avoir fui le Cameroun en raison de menaces d’interpellation et de disparition qui pesaient sur elle.
Selon Me Ndoki, son départ précipité s’explique par un climat de peur et d’intimidation consécutif à l’élection présidentielle du 12 octobre 2025. Elle révèle se trouver actuellement réfugiée en Côte d’Ivoire, où elle dit bénéficier de la protection d’organisations partenaires.
Avocate et figure de la société civile, Michèle Ndoki est à l’origine du projet « Disô », qui signifie l’œil en langue Duala. Ce dispositif numérique visait à collecter et centraliser en temps réel les résultats de la présidentielle grâce à une application participative de comptage citoyen des voix.
Les premières tendances issues de cette plateforme, avant son interruption, donnaient le candidat Issa Tchiroma Bakary en tête du scrutin, loin devant Paul Biya. Cette situation aurait, selon elle, déclenché des menaces à son encontre.
Dans sa sortie, l’avocate dénonce la manipulation des résultats publiés par Élections Cameroon (Elecam) et accuse le pouvoir en place d’avoir cherché à la réduire au silence.
« J’ai reçu des avertissements clairs : soit je me taisais, soit je disparaissais », confie-t-elle.
Rappelons que Me Ndoki avait déjà, par le passé, été arrêtée et détenue pour ses activités politiques et militantes. Elle était alors vice-présidente du directoire des femmes du MRC.



