Regard tranchant d’un journaliste de Jeune Afrique  sur le cas Kamto

Georges Dougueli analyse le rejet de la candidature de Maurice Kamto, écarté par Elecam dans la course pour la présidnetielle d’octobre prochain. Selon le journaliste de Jeune Afrique, l’opposant Maurice Kamto paye autant l’arbitraire du pouvoir que ses propres choix stratégiques.

LE CAS KAMTO PASSE AU CRIBLE DE LA RAISON

La candidature de Maurice Kamto a donc été rejetée par le Conseil électoral d’Elecam. Selon ses soutiens, le coupable est vite désigné : il s’agit du «régime dictatorial» de Paul Biya. C’est vrai et faux, en même temps. Sans préjudice du sort que le Conseil constitutionnel réservera à son recours, il pourrait être intéressant d’emprunter à l’outil SWOT quelques points de sa méthode pour décrypter la situation de cet homme politique.

A-FORCES

Maurice Kamto possédait 3 légitimités pour aller à cette élection.

1-La légitimité historique : elle tient de son parcours : universitaire compétent (Il a formé des milliers d’étudiants qui lui conservent affection et admiration). Patriote incontestable (son engagement dans la résolution du dossier Bakassi), ministre démissionnaire (Il a eu le courage de rendre son tablier) et candidat arrivé 2ème en 2018 derrière Paul Biya.

2-La légitimité charismatique : Président du MRC (Il tient son parti d’une main ferme), stature d’homme d’Etat, présomption de compétence, personnalité forte, expérience éprouvée.

B-FAIBLESSES

1-Il a ruiné sa légitimité légale. En refusant de prendre part aux élections législatives et locales, il a lui-même compromis sa participation à l’élection présidentielle et s’est exposé à l’arbitraire du pouvoir. Dès lors, il lui est difficile de mobiliser ses partisans sur la base de ces injustice et abus de pouvoir présumés.

2-Il s’est privé de légitimité populaire en s’empêchant d’avoir des élus, donc des mandats électoraux. La popularité cybernétique – pas plus que les sondages – n’ont aucune valeur en démocratie.

C-OPPORTUNITES

1-Cette déconvenue pourrait enfin susciter un examen de conscience du leader. Interroger ses choix, le pousser à changer de comportement et à mettre en oeuvre une approche plus participative dans la prise de décision à la tête du MRC. Se montrer moins clivant et plus ouvert au compromis. En politique, rien n’est impossible, une transition peut intervenir avant terme. Il est donc urgent pour le MRC de prendre part à TOUTES les prochaines élections.

D-MENACES

Le rejet de sa candidature équivaut à une invalidation de sa stratégie. Sa légitimité charismatique (présomption de compétence) pourrait en être remise en cause. Et cela pourrait se traduire par la contestation de son leadership au sein de sa formation politique. Sa démission, aussi, et son adhésion au Manidem en deviendraient pollutifs. Il pourrait également perdre le soutien des éléments les plus radicalisés de sa base s’il donnait l’impression de recentrer son discours pour se montrer moins clivant.

Partager l'article:
Étiquettes:

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Lire sur mobile

QR Code
Ne perdez plus rien, recevez le résumé de l'actualité quotidienne, directement dans votre courriel.

Vous êtes désormais inscrit à notre newsletter, merci de faire partie de notre auditoire!

Dans la même catégorie:

Depuis la mi-juillet 2026, une résurgence du choléra frappe la région de l’Extrême-Nord du Cameroun. Avec près de 1 000 cas enregistrés et 28 décès

Invité de l’émission Club d’Élites ce dimanche 9 août sur Vision 4, le Professeur Pascal Messanga Nyamding a réaffirmé sa proximité intacte avec le président

Ce dimanche au stade Larbi Zaouli de Casablanca, les Lionnes indomptables ont signé l’exploit en dominant le Nigeria (1-0) en quarts de finale de la

Face aux appels récurrents réclamant le constat d’une vacance présidentielle, Cabral Libii apporte un éclairage juridique décisif. Selon le leader du PCRN, la loi de

Alors que le président Paul Biya totalise ce lundi 64 jours consécutifs d’absence hors du territoire national, l’homme politique Samuel Hiram Iyodi monte au créneau.

De la parade d’ouverture au Village des Jeux, l’Université de Bertoua s’est particulièrement distinguée, affichant une délégation mobilisée et un stand qui met en avant