Sanctions ciblées des États-Unis contre certains dirigeants camerounais : devrions-nous en arriver là?

À l’heure qu’il est, selon plusieurs sources généralement fiables, les américains, vraisemblablement, auraient déjà établi une liste de 27 hauts dignitaires camerounais, considérés comme dangereux, appelés à subir des sanctions ciblées dont le gel de leurs avoirs et l’interdiction de fouler le sol américain.

Lorsqu’on sait la place qu’occupe le pays de l’oncle Sam dans le jeu des relations internationales et dans le cœur de ceux-là, une telle information devrait être prise très au sérieux par le pouvoir de Yaoundé. En effet, à en croire les autorités camerounaises qui ont salué il y a quelques jours, « les relations excellentes » qu’entretiendraient les deux pays, une telle information, si elle venait à se concrétiser, serait un précédent dangereux pour le pays de Paul Biya. Lequel n’en a vraiment pas besoin, maintenant que tout nous tombe dessus : guerre dans la partie anglophone du Cameroun, appel à la libération des prisonniers politiques, retour de la bande à Ayuk au Nigéria,  guerre contre boko haram, insécurités criardes à l’Est et dans l’Adamaoua.

Mais, ce serait faire l’autruche. Car, à l’occasion de son dernier voyage au Cameroun, le Sous-secrétaire d’État américain aux affaires africaines, M. Tibor Nagy, pour ne pas le nommer, a non seulement fait des déclarations fracassantes, mais chose bien rare, au palais d’Etoudi, le président a reçu un cadeau bien gênant, son propre portrait, en noir et blanc, en compagnie du… 41ème président américain, George H. W. Bush, qu’il a rencontré à la maison blanche le 6 mai 1991, il y a 28 ans. M. Paul Biya qui comprend bien les codes, ne peut pas n’avoir pas compris ledit message et ce, en dépit des jérémiades intempestives de son entourage ou des propos diplomatiques tenus au perron du palais de l’unité par cet invité d’un autre genre qui, soit dit en passant a rappelé, cela est passé inaperçu, que l’Ambassadeur Berlerin, comme lui, sont des représentants du Gouvernement américain et que celui-ci est un « grand diplomate » (allusion faite aux « conseils » de Peter Berlerin au président Biya quelques semaines avant les déclarations de candidature pour l’élection présidentielle d’octobre dernier).

En rappel, le mois dernier, les USA ont annoncé la réduction de leur aide au Gouvernement camerounais. La semaine dernière, les militaires américains en appui à la lutte contre boko haram dans le Nord, ont plié bagages alors même que la mission aurait pu être renouvelée. Par ailleurs, le week-end dernier, les Nations Unies par la voie du Royaume-Uni, ont demandé à venir faire une enquête au Cameroun dans le cadre de la guerre dans le NOSO…

Il y a donc lieu de tirer la sonnette d’alarme afin que les points de discordes entre nos deux pays soient aplanis ; que nos difficultés soient rapidement résolues par nous-même, en ne donnant pas l’impression que nous sommes submergés par les problèmes. Car, en ne résolvant pas nos problèmes par nous-même, le Cameroun qui n’est pas un géant sur la scène internationale, risque de se voir imposer des solutions qu’il n’aurait pas choisies. Ainsi vont les rapports de force en matière de relations internationales, n’en déplaise à certains « souverainistes » occasionnels, dépourvus de conviction et qui semblent jouer avec le feu.

Par Emmanuel MIMBÈ

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