Pour maitre Claude Assira, le Ministre de l’Administration Territoriale ne peut pas interdire les discussions sur la santé du président Paul Biya sans fondement légal.
Il est interdit de parler de la santé du président Paul Biya dans les médias privés au Cameroun. Cette décision a été prise à la suite de rumeurs qui ont circulé dans les réseaux sociaux, faisant état d’une dégradation de l’état de santé du locataire du Palais d’Etoudi.
Dans un courrier adressé aux gouverneurs estampillé de la mention « très urgent », le Ministre de l’Administration Territoriale interdit formellement toute discussion concernant l’état de santé du président, menaçant de sanctions les contrevenants.
Quelle est la légitimité du communiqué du Ministre de l’AT
Maitre Claude Assira en réaction, a remis en question les capacités de Paul Atanga Nji à surveiller les discussions sur la santé de Paul Biya dans les médias : « Le Ministre de l’Administration Territoriale est-il devenu le ministre de l’administration de tout, c’est-à-dire, ministre de la communication, mais aussi ministre de la pensée, de l’esprit, des opinions ? » s’interroge-t-il.
Pour Maître Assira, cette initiative est non seulement illégitime, mais aussi impraticable. « De quel texte tire le Minat sa légitimité pour prendre ce communiqué qui relèverait, à la rigueur, de la compétence du Mincom ? » se questionne-t-il. L’avocat inscrit au Barreau du Cameroun rappelle que la santé du président est un sujet d’intérêt public, et son état de santé ne devrait pas être minimisé ou occulté.
Maitre Assira ne s’arrête pas Là. Il remet également en question les moyens logistiques et humains nécessaires à la mise en œuvre de cette directive. « S’il se trouve des téméraires qui bravent son interdiction, comme ce sera le cas, de quelles sanctions dispose-t-il ? » demande-t-il, tout en dénonçant l’absurdité de la situation où le ministre semble vouloir restreindre un débat légitime.
Pour l’avocat, le ministère devrait plutôt favoriser un climat de transparence et d’information autour de la santé du président, personnage qui « marque et aura marqué le conscient et l’inconscient du Camerounais depuis des décennies ».





