Un air d’innovation flottait à Douala vendredi 27 février 2026. Au cœur d’un “cocktech” organisé par Sparte Robotics, l’ingénierie camerounaise a une fois de plus prouvé qu’elle pouvait regarder l’avenir droit dans les yeux. L’entreprise y a présenté officiellement l’Atawi-3A3, un drone marin de surface — ou USV — entièrement conçu par des ingénieurs camerounais et pensé pour répondre à des défis environnementaux concrets.
Conçu pour évoluer sur l’eau, l’Atawi-3A3 affiche une autonomie d’une à deux heures et une portée pouvant atteindre 5 kilomètres pour le moment. Testé avec succès sur plusieurs plans d’eau du littoral camerounais, il a séduit le public venu nombreux, parmi lequel figuraient des représentants du minresi-Littoral, de la Marine nationale, du Port autonome de Kribi, des experts en cartographie et des étudiants d’écoles polytechniques.
« Atawi-3A3, c’est un drone marin, à la différence des UAV : lui, il va sur l’eau », précise Jacques Éone, directeur général de Sparte Robotics. « Nous sommes partis du constat que les ports ont des difficultés en matière de monitoring environnemental. L’idée, c’était d’apporter une solution locale et modulable pour les aider à mieux gérer les eaux de ballast et prévenir les déversements frauduleux », assure-t-il.
Un outil polyvalent pour un littoral sous surveillance
Le drone, inspiré du mythe de Mami Wata, peut embarquer des capteurs et échosondeurs destinés à la collecte de données bathymétriques — essentielles pour cartographier les profondeurs côtières du Cameroun. Sa structure modulable ouvre aussi la voie à d’autres usages, de la surveillance environnementale à l’inspection d’ouvrages. « Au lieu d’envoyer des humains inspecter le pont d’Édéa, on peut désormais y déployer l’Atawi-3A3 », illustre M. Éone. « Nos cofondateurs travaillent entre l’Europe, les États-Unis et la Chine. Ce sont des Camerounais qui vont chercher des savoirs ailleurs pour les ramener à l’industrie locale », ajoute le dirigeant. Une version 2 du drone est déjà en préparation, après des retours clients sur les premiers essais.
Du côté du Port autonome de Kribi, le partenariat est salué comme un modèle d’innovation utile. « Nous avions une problématique liée à la qualité de l’eau et à la préservation de l’écosystème portuaire », confie Habib Iya, chef de la représentation du PAK à Douala. « Ce n’est pas une innovation gadget, mais une innovation utile, parce qu’elle répond à un besoin bien identifié. »
Le projet s’inscrit aussi dans la stratégie de digitalisation du port, engagé dans un programme de Smart Port exploitant les dernières technologies — de l’intelligence artificielle à la blockchain. « L’Atawi-3A3 trouvera naturellement sa place dans notre arsenal technologique », assure M. Iya.
En clôture du cocktech, la conviction de Sparte Robotics résonnait comme un manifeste : “ensemble, on peut faire d’immenses choses”. Un message de foi dans la jeunesse camerounaise, l’ingéniosité locale et l’avenir bleu de la tech africaine.
Par Dilan KENNE( correspondance particulière)





