Dans cette sortie de l’analyste politique d’ Ousmanou Magadji, il est dressé les potentialités de ces deux candidatures à l’aune des élections prochaines au Cameroun.
Sa sortie :
Bello Bouba
Si l’on souhaite un changement marqué par la rupture et les soubresauts inhérents, c’est Issa Tchiroma Bakary. Si l’on préfère un changement dans une lenteur sage mais désespérante, c’est Bello Bouba.
ello Bouba jouit d’une moralité reconnue et d’une patience pugnace poussée jusqu’à la résignation. Il incarne la sagesse et la prudence politique. C’est pourquoi les anciens, ainsi que les partisans d’un changement lent et progressif, se tournent vers son parti, l’UNDP. Pathologiquement plus que politiquement, je fais partie de ceux-là. Mais l’urgence du changement me retient, et ma volonté de militer dans l’UNDP s’en trouve mitigée.
Face à ce régime vieux de 43 ans, dont les mauvaises racines sont profondément enfouies dans les mentalités, peut-on se permettre le luxe d’être prudent, sage et prévenant, au risque que ce régime perdure pendant que l’on joue aux patients et aux vieux sages ? La patience et la sagesse ne sont-elles pas devenues les alliées du régime ? N’est-ce pas une opportunité en or pour lui de continuer à gouverner médiocrement, d’enfoncer davantage les racines d’une mentalité mortifère pour le pays, et de perpétuer la misère morale et matérielle ?
Issa Tchiroma
Lui, avec ses prises de position radicales, incarne une rupture franche et brutale. Sa méthode, aussi expéditive que celles du régime, semble être une réplique appropriée et nécessaire. Elle propose des réponses proportionnées aux méthodes autoritaires, intimidantes et manipulatrices du pouvoir en place. Cependant, cette radicalité ne risque-t-elle pas d’engendrer un chaos supplémentaire au Cameroun, voire un autoritarisme encore plus prononcé ? Issa Tchiroma, vieux loup de la politique et ancien du régime, saura-t-il mieux que quiconque manier la rupture tout en garantissant un changement apaisé ?
Quoi qu’il en soit, Bello Bouba ou Issa Tchiroma, les dés sont jetés. Et il apparaît clairement que la solution se trouve entre ces deux tempéraments et méthodes : entre la sage lenteur incarnée par Bello Bouba et la rupture nécessaire portée par Issa Tchiroma.
La solution : une coalition dans laquelle les ardeurs des uns et les mollesses des autres s’équilibreraient pour un changement adapté et apaisé.
Quant à moi, qui ne suis rien, pour cette élection présidentielle, je souhaite à mon vénérable Oncle Biya un repos bien mérité après 43 ans de bons et loyaux services rendus à la nation, à compter du 12 octobre 2025. Au-delà de cette date, il aura choisi de sortir par la petite porte de l’histoire, et la magnanimité humaine que je nourris pour sa vieille personne en sera bouleversée.
Yaoundé, Kondengui Mardi 26 août 2025
Ousmanou Magadji
NB : Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l’auteur et ne reflètent pas nécessairement la position éditoriale 237actu.com.





