Issa Tchiroma Bakary s’est de nouveau exprimé le 18 octobre depuis sa résidence de Garoua.
Entouré de ses partisans, le candidat du Front pour le Salut National du Cameroun (FSNC) a adressé un message direct au président sortant Paul Biya: « La bataille commence aujourd’hui. Et je vous le dis clairement : je ne perdrai pas cette bataille », a-t-il lancé.
L’ancien ministre, autoproclamé vainqueur de l’élection présidentielle du 12 octobre, se présente comme le porte-voix d’un peuple décidé à tourner la page d’un long règne. « Je marche avec le peuple, et le peuple marche avec moi », a-t-il déclaré, avant d’inviter les autres candidats à faire front commun. « Laissez vos rancunes. Nous avons un seul objectif : libérer le Cameroun du système qui l’étrangle depuis quarante ans. »
Issa Tchiroma appelle à une transition politique de trois à cinq ans, axée sur la réconciliation et la reconstruction nationale. « Vous avez gouverné pendant quarante-trois ans. Moi, je viens proposer trois à cinq ans pour réparer ce qui a été détruit », a-t-il lancé, tout en accusant le régime Biya d’avoir dirigé « par procuration, par peur, manipulation et division ».
Dans ce qu’il présente comme une « bataille psychologique », le candidat du FSNC affirme avoir reçu le soutien discret de plusieurs membres du gouvernement et de hauts gradés militaires. « J’ai été contacté par des ministres et certains responsables de l’État-major. Ils m’ont assuré de leur compréhension et de leur attachement à la mission première de l’armée : protéger le peuple », a-t-il confié. Il a ajouté : « L’heure n’est plus aux faux-semblants ni aux calculs. L’histoire se souviendra de ceux qui auront choisi le bon camp. »
La veille, le 17 octobre, Issa Tchiroma publiait un « Appel à la responsabilité de nos forces de défense et de sécurité », invitant les militaires à « aider à rétablir la vérité » et à rester « du côté du peuple », loin de toute allégeance politique. Il y décrit une armée républicaine et patriote, garante de la stabilité du pays.
Depuis plusieurs jours, Issa Tchiroma vit retranché dans sa résidence de Garoua, protégée par des sympathisants.





