Techniciens en pharmacie : un collectif interpelle le Minsaté

Le Collectif des techniciens en pharmacie interpelle le ministre de la Santé publique pour demander la reconnaissance officielle de leur statut dans le système de santé camerounais. Ils dénoncent la marginalisation de leur profession, le manque de recrutements malgré le grand nombre de diplômés et la prolifération de propharmacies gérées par des personnes non qualifiées. Le collectif appelle ainsi à des réformes urgentes pour protéger le métier, améliorer l’accès aux stages et renforcer la sécurité du circuit du médicament au Cameroun.

 «Excellence Monsieur le Ministre,

Nous, techniciens en pharmacie formés et engagés au service de la santé publique au Cameroun, venons très respectueusement par la présente attirer votre haute attention sur une situation préoccupante touchant notre corps professionnel.

À ce jour, les techniciens en pharmacie ne bénéficient pas d’un statut clair, officiel et reconnu au sein du personnel de santé, malgré le rôle essentiel que nous jouons dans le fonctionnement des pharmacies hospitalières, des formations sanitaires et dans l’ensemble du circuit du médicament. Nous constatons avec regret que notre profession est fréquemment marginalisée ou exercée par d’autres corps n’ayant pas reçu de formation spécifique en sciences pharmaceutiques. Cette situation porte atteinte à la qualité des prestations pharmaceutiques et compromet le respect des normes de sécurité dans la gestion du médicament.

Par ailleurs, nous attirons votre attention sur une incohérence majeure du système actuel : les techniciens en pharmacie et agents en sciences pharmaceutiques sont formés en grand nombre chaque année dans notre pays, mais leur recrutement demeure extrêmement limité, comparativement à d’autres catégories de personnels de santé. Cette situation crée un déséquilibre profond, caractérisé par une main-d’œuvre qualifiée abondante mais laissée sans perspectives professionnelles réelles.

Dans le même temps, nous observons avec inquiétude la prolifération des propharmacies, souvent créées et exploitées par des personnes n’ayant aucune formation pharmaceutique reconnue. Pourtant, aucun médecin n’a le droit légal d’exercer la pharmacie d’officine, ce qui souligne davantage l’anomalie que constitue l’ouverture et la gestion de ces structures par des non-professionnels du médicament. Cette réalité traduit un manque manifeste de considération pour notre domaine de compétence et expose gravement les populations à des risques sanitaires liés à une mauvaise gestion du médicament.

Par ailleurs, nous faisons face à plusieurs difficultés majeures, notamment :

  • l’accès très limité, voire le refus, du stage de perfectionnement pourtant obligatoire pour l’exercice de la profession ;
  • l’absence de recrutement des techniciens en pharmacie dans les officines, les structures privées, les entreprises pharmaceutiques et même certaines structures publiques, en dépit des besoins réels ;
  • en conséquence, un grand nombre de techniciens et d’agents en sciences pharmaceutiques se retrouvent sans emploi, inactifs dans les quartiers, incapables de mettre leurs compétences au service de la Nation.

Excellence Monsieur le Ministre, cette exclusion silencieuse constitue une perte considérable pour le système de santé camerounais. Elle fragilise le circuit du médicament, banalise les compétences pharmaceutiques et prive les populations d’un maillon essentiel de la sécurité sanitaire.

Face à cette situation préoccupante, nous sommes convaincus que la seule solution durable réside dans votre haute intervention, en tant que garant de la politique nationale de santé. À cet effet, nous sollicitons humblement :

  1. la reconnaissance officielle et statutaire des techniciens en pharmacie en tant que personnel de santé à part entière ;
  2. la protection de notre métier contre son exercice abusif par des personnes non qualifiées ;
  3. l’inclusion effective des techniciens en pharmacie dans les politiques de recrutement et de déploiement au sein des structures publiques et privées ;
  4. l’amélioration de l’accès au stage de perfectionnement pour tous les diplômés en attente d’intégration professionnelle ;
  5. la définition claire des responsabilités pharmaceutiques confiées exclusivement aux professionnels formés dans ce domaine ;
  6. l’encadrement rigoureux et la régulation des propharmacies afin de préserver la sécurité du médicament et la santé des populations.

Nous sommes convaincus que cette reconnaissance et ces réformes structurelles contribueront significativement à l’amélioration durable de la qualité des soins, à la sécurisation du circuit du médicament et à l’insertion professionnelle de nombreux jeunes compétents et motivés.

Dans l’espoir que notre plaidoyer retiendra votre bienveillante attention, nous vous prions d’agréer, Excellence Monsieur le Ministre, l’expression de notre très haute considération.

Le Collectif des Techniciens en Pharmacie»

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