En exil en Turquie depuis 5 ans, le demandeur d’asile camerounais Narcisse Nganchop dénonce une situation qu’il qualifie de « mise en danger de sa vie ».
L’opposant affirme subir une torture administrative : interdiction de sortir de sa ville, blocage des transferts d’argent, absence de réinstallation malgré ses démarches.
Pour lui, certains fonctionnaires turcs violent ouvertement la Constitution et les conventions internationales protégeant les droits des réfugiés.
Mise en danger de ma vie.
Afin que vous soyez témoins.
Nb J’accuse ici certains fonctionnaires d’immigration et non l’État Turc qui dans sa constitution est un État de droit.
Être venu me réfugier en Turquie pour fuir l’oppression politique au Cameroun demeure l’une des plus grandes erreurs de ma vie.
Cinq années d’attente pour une réinstallation, sans aucune suite jusqu’à ce jour.
Entre-temps, d’autres réfugiés de nationalité Afghane , syrienne, irakienne sont réinstallés.
Depuis trois ans, je subis une véritable torture administrative.
Depuis plus de deux ans, il m’est impossible d’effectuer un transfert d’argent.
Je ne peux ni recevoir, ni envoyer le moindre centime.
Les services Western Union, Ria, MoneyGram, tous m’ont été bloqués.
Je suis assigné à résidence dans une seule ville.
Depuis quelques semaines, je ne suis même plus autorisé à sortir de cette ville, en violation flagrante de la Constitution turque, notamment l’article 23 (liberté de circulation), l’article 10 (égalité devant la loi), l’article 13 (principe de proportionnalité dans les restrictions aux droits fondamentaux), l’article 35 (droit de propriété, violé par le blocage des transferts d’argent), ainsi que l’article 90 alinéa 5 qui consacre la primauté des traités internationaux relatifs aux droits de l’homme ;
de la Convention européenne des droits de l’homme (CEDH), Protocole n°4, article 2 (liberté de circulation), Protocole n°1, article 1 (protection de la propriété), et article 13 (recours effectif) ;
du Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP), article 12 (liberté de circulation) et article 26 (égalité et non-discrimination) ;
du Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels (PIDESC), article 9 (sécurité sociale) et article 11 (droit à un niveau de vie suffisant) ;
de la Déclaration universelle des droits de l’homme, article 13 (liberté de circulation), article 23 (droit au travail) et article 25 (niveau de vie suffisant).
Et de la Convention de Genève de 1951 relative au statut des réfugiés, article 26 (liberté de circulation), et article 28 (droit aux titres de voyage), principes repris dans la Loi turque n°6458 sur les étrangers et la protection internationale.
Il m’est devenu impossible de recevoir des fonds, de voyager pour exercer mes activités vers des villes commerciales comme Istanbul ou Bursa.
Pourtant, en tant que réfugié politique, je dois subvenir seul à mes besoins, sans aucune assistance de l’État turc : logement, factures, frais d’assurance maladie, et bien d’autres charges encore.
En réalité, il s’agit d’une mise en danger de la vie d’autrui par certains fonctionnaires turc, en violation des lois et des engagements internationaux signés et ratifiés par l’État Turc.
Ce système est inhumain.
Il faut le dénoncer.
Et j’espère qu’un jour, dans l’exercice de mes fonctions en tant qu’homme politique, j’aurai l’occasion de rappeler cette vérité aux autorités turques dans mon pays.
C’est inacceptable !
Narcisse Nganchop
Réfugié politique en Turquie
En attente de réinstallation depuis 5 ans
Président des Patriotes du Cameroun (PACTEF)





