Vincent Sosthène Fouda dézingue Issa Tchiroma

L’enseignant d’universités estime de manière claire dans une sortie que l’ancien ministre et candidat à la présidentielle d’octobre prochain n’a pas l’étoffe à cause de son passé trouble.

Monsieur Tchiroma,

Vous parlez comme un vieux lion qui, après avoir longtemps régné sur la savane, prétend aujourd’hui défendre les gazelles. Mais dans la forêt camerounaise, on n’oublie pas les rugissements d’hier.
Vous dites ne pas avoir faim. Mais c’est facile de parler le ventre plein, quand tant d’autres n’ont même pas de racines pour puiser l’eau. Vous êtes un baobab, nourri par des décennies d’ombre offerte par le régime. Et maintenant que le soleil décline, vous prétendez être un jeune palmier prêt à pousser au milieu des ronces.

Le bois mort ne fait pas de feu nouveau

Vous avez été l’écorce du pouvoir, son écho, son chant dans les clairières. Vous avez profité des fruits, des feuillages, des sentiers balisés par ceux qui ont piétiné les espoirs du peuple. Et aujourd’hui, vous demandez qu’on vous juge sur votre “rupture” ? Mais même le plus rusé des singes sait qu’un arbre ne change pas de tronc à l’automne.

Vous dites que votre conscience vous hante. Mais la conscience ne pousse pas comme une liane sur un vieux tronc. Elle se cultive dès les premières pluies, pas quand la saison sèche est déjà là.

Le peuple n’est pas une clairière à conquérir

Le peuple camerounais n’est pas une forêt vierge qu’on découvre à la fin de sa vie. Il est cette jungle que vous avez traversée, parfois avec la machette du pouvoir, parfois avec le silence complice. Mais toujours avec la conscience aiguë de l’essorer de toute sa sève. Et maintenant, vous voulez y planter des graines de justice ? Mais les graines ne prennent pas racine dans une terre que l’on a longtemps et tout le temps brûlée.

À 79 ans, on ne joue plus avec les fourmis

Vous dites vouloir unir le peuple autour d’idéaux communs. Mais les termites n’oublient pas le bois qu’on leur a volé. Le peuple n’a pas besoin d’un vieux guide qui connaît tous les pièges parce qu’il les a lui-même creusés. Il a besoin de sentinelles, pas de repentis.
Monsieur Tchiroma, dans la forêt, le vent ne ment pas. Il emporte les feuilles mortes, mais il ne les transforme pas en bourgeons. Vous pouvez parler, vous pouvez promettre, mais le peuple saura reconnaître le chant du perroquet qui a longtemps répété les mots du chasseur.

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