Vincent Sosthène Fouda écrit aux « ambazoniens »

Le motif de cette sortie de l’homme politique et universitaire à l’endroit des frères du Noso est du à  l’enlèvement des prêtres de l’archidiocèse de Bamenda.

Frères,

Votre combat naît d’une soif de justice et d’une longue histoire de souffrance. Personne ne peut nier les blessures de votre peuple, ni les humiliations qui vous poussent à vous lever. Mais je vous le dis avec la voix des pauvres et des prophètes : la justice ne peut jamais naître de l’injustice, ni la liberté de la captivité des innocents. Je tiens ces mots du Cardinal Tumi.

Vous avez enlevé six prêtres. Ce sont des fils de paysans, des enfants de femmes qui portent la houe sur l’épaule et le panier sur la tête, en quête d’une maigre pitance pour survivre. Ces prêtres ne sont pas vos ennemis : ils sont pauvres parmi les pauvres, compagnons de vos souffrances, témoins de vos larmes. Les priver de liberté, c’est frapper votre propre peuple, c’est crucifier une fois de plus le Christ qui se fait présent dans les plus humbles. Je le crois profondément.

Si vous voulez que votre combat soit entendu, ne frappez pas les faibles. Dirigez vos paroles et vos gestes vers ceux qui portent le pouvoir, vers ceux qui décident et qui parlent au nom des institutions. Tenez! Pourquoi ne pas enlever l’archevêque Bamenda, il est le president de la conférence des évêques du Cameroun. C’est lui qui a invité le Nonce dans sa cathédrale. NON ne touchez pas aux serviteurs qui partagent votre misère. Libérez-les, et vous retrouverez la dignité de votre cause.

Souvenez-vous : la théologie de la libération que portait déjà Bernard Fonlon nous enseigne que Dieu se tient du côté des opprimés, mais jamais du côté de ceux qui oppriment, même au nom d’une cause juste. La violence contre les innocents défigure votre lutte et la transforme en crime. La libération véritable ne se construit pas sur les chaînes des pauvres, mais sur la solidarité, la vérité et le courage de dénoncer les puissants.

Je vous appelle, au nom du Christ pauvre et crucifié, à libérer ces prêtres. Ne laissez pas votre combat se perdre dans les ténèbres de l’injustice. Que votre lutte soit lumière, et non obscurité. Que votre voix soit prophétique, et non criminelle. Que votre chemin soit celui de la dignité, et non de la honte.

Frères, écoutez le cri des pauvres : libérez vos frères prêtres, et que votre combat retrouve sa vérité.

 

 

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