Dans cette sortie du journaliste et expert du Vatican Jean Claude Mbede estime que la venue du souverain pontife est de bons augures car, il est le dernier recours d’un peuple assoiffé de justice et de paix.
Dans ce capharnaüm, l’opposition poln’a pas si/pu proposer de solution. Fidèle à sa mission l’église -ou une bonne partie de celle-ci -, a pris le taureau par les cornes pour se tenir du côté du peuple camerounais et la visite du pape est le plus grand témoignage de ce travail acharné de l’église.
Je voudrais donc l’affirmer avec force : Ce que les évêques ont accompli en cinq ans pour la vérité, l’opposition politique n’a pu le faire en 43 ans.
C’est cette église qui a initié la visite du pape Leon pour porter secours à un pays aux abois. S’attaquer à cette visite, c’est se tromper de cible, de combat et de siècle. Dans un pays pris en otage par des clans sectaires et des loges opaques qui se déchirent pour une succession que Paul Biya n’a jamais voulu organiser, le Vatican n’est pas l’ennemi. C’est l’ultime allié.
LE FANTASME DE L’OR ET LA RÉALITÉ DU SAINT-SIÈGE
Disons-le d’emblée aux APPRENTIS POLITIVIENS « mal-inspirés » qui crient au pillage : le Vatican n’est pas un État en crise économique venant chercher une santé financière au Cameroun. Le Saint-Siège ne vient pas pour l’or ou l’argent. L’histoire du pape Léon raconte un homme de foi et d’un courage inébranlable. Celui qui, lorsqu’il était encore évêque, avait combattu ouvertement les politiques migratoires de l’Amérique de Donald Trump. En acceptant de venir au Cameroun, le pape vole au secours d’un Cameroun qui en faillite — spirituelle, éthique et sociétale.
Venir au Cameroun en ce moment précis est un acte de courage diplomatique. Le Pape ne vient pas adouber un régime ; il vient au chevet d’un grand malade.
Contester sa présence sous prétexte qu’elle « légitimerait » le pouvoir en place est une analyse de courte vue et un pitoyable raccourci qui ignore la puissance de la diplomatie pontificale, capable de faire tomber des murs là où les armées échouent.
DEUX ÉGLISES, UN SEUL PAPE
Le Pape LÉON XIV arrive dans un pays où le clergé est lui-même fracturé. Il y a l’Église des privilèges, celle de certains prélats du « Grand Centre SUD », silencieux par peur de finir collé leur frère et co’frere Mge Jean Marie Benoît Balla enlevé, torturé et assassiné par le régime, pour s’être opposé aux pratiques de celui-ci, ou par compromission ésotérique er matérielle. Cette frange de l’église mène une vie opulente et met l’accent sur la protection de sa proximité avec le régime politique, sans se soucier de la marche du pays et circule avec des escorte octroyées par le pouvoir politique, non parce qu’elle serait menacée. Plutôt comme un outil du pouvoir mondain de domination er d’appartenance à la puissance politique.
Mais il y a l’autre : l’Église des catacombes, celle du NoSo, de Douala, de Yagoua, de Bafang, de Bafoussam, de Ngaoundere ou de Garoua. À vue d’œil, elle est une église pauvre au milieu des pauvres quelle tente de garder dans la foi. C’est cette église que le pape vient réconforter. Le peuple de Dieu qui est au Cameroun avec elle.
Le signal envoyé par Rome est limpide : en mettant en avant les évêques des zones martyrisées, le Vatican ignore les courtisans pour privilégier ceux qui portent les stigmates du peuple. La chance historique du Cameroun est que la Conférence Épiscopale est aujourd’hui dirigée par un prélat de Bamenda, un homme de terrain qui navigue dans le même courant pro-changement que les archevêques de Douala ou de Bafoussam.
UNE OPPORTUNITÉ POLITIQUE UNIQUE
Aujourd’hui, seuls trois leviers peuvent contraindre le régime de Yaoundé au changement : Washington, Paris et le Vatican. S’attaquer au Pape, c’est briser le levier le plus proche du cœur des Camerounais.
Si la société civile camerounaise et l’opposition politique veulent organiser des manifestations, celles ci doivent être un phare braqué contre le régime, pour aider le monde entier à saisir l’occasion de cette visite encouragée par les puissances occidentales, pour que le Pape mène à bien sa mission pastorale pour contraindre le régime à s’en aller tout seul, sans sacrifier d’autres vies. Les manifestations doivent être intelligentes et ciblées. Elles ne doivent pas être dirigées contre le Pape.
Si les évêques sont le thermomètre que le régime s’est employé à casser souvent, le Pape est dans ce cas perçu comme le pédiatre qui vient soigner la fièvre d’un bébé déjà surchauffée par la malaria. Il faut en profiter pour lui montrer le visage sombre, satanique et cruel du système.
La société civile et l’opposition ne doivent pas descendre dans la rue pour huer le Saint-Père, mais pour supplier son intercession et obtenir des audiences. Elles doivent transformer cette visite en un plébiscite pour la libération des prisonniers et la fin des massacres.
Si l’opposition camerounaise choisit la voie de la contestation stérile et aveugle contre le Vatican, elle confirmera ce que certains craignent : qu’elle est la plus fainéante et la moins stratégique du monde.
Au demeurant, le Pape Léon XIV qui, en plus des évêques a reçu un émissaire du Président Issa Tchiroma, connaît les dossiers. Il sait qui est corrompu et qui est fidèle à l’Évangile. En venant, il offre au peuple une branche solide pour sortir du gouffre. Ne la scions pas par ignorance. Soutenir l’effort des évêques, c’est soutenir la seule force organisée capable de parler d’égal à égal avec un pouvoir qui ne craint plus rien, et que le pouvoir obscur a considérablement éloigné de Dieu.
Jean Claude Mbede Fouda
Journaliste catholique
Expert en coopération internationale
Spécialiste du Vatican





