Dans une sortie éditoriale, l’enseignant de journalisme dit qu’avec cette décision, l’Etat a clairement validé le faux.
Le texte en question
L’Etat valide le faux !
Ne limitons pas la notion et la définition d’un Etat à cette entité politique qui exerce un pouvoir souverain sur un territoire défini et reconnu internationalement. Un Etat est aussi un mode d’organisation politique, administrative et sociale, le tout régi par des institutions pour gérer le territoire, le patrimoine et les hommes.
L’Etat est un père de famille. La population, se sont ses enfants, et ces enfants, le père de famille devrait les éduquer. Les éduquer au respect des hommes et des femmes. Le respect du patrimoine national matériel. Le respect des institutions de la République et des personnes qui les incarnent. De ces institutions, citons notamment la Constitution et ses émanations qui sont les Codes pénal et électoral. Si ces deux instances ne sont ni appliquées ni respectées ou bafouées, on sombre dans la loi de la jungle.
Cette période électorale que nous traversons nous donne l’occasion de constater combien les institutions et la morale sont foulées aux pieds. Le ministre de l’Administration territoriale,en fourni l’exemple le plus illustratif à travers l’affaire concernant la candidature de Maurice Kamto et son investiture par le parti politique, le Manidem. Dans une corrida bien organisée, le Minat a révélé que son site officiel avait été piraté afin de créer un faux dossier de candidature à Dieudonné Yebga, ancien président du Manidem. Le pirate du site ministériel a été identifié, mais le ministre n’a rien fait pour empêcher que la candidature du faussaire-pirate ne prospère pas, mais bien au contraire. Le dispositif étatique, par le ministère de la Justice a fermé les yeux sur ce faux ; c’est inquiétant pour la morale et pour les institutions de la République.
Demain, des jeunes d’aujourd’hui auront la responsabilité de conduire les affaires de l’Etat. Ils se souviendront qu’un ministre de la République avait organisé, ou qu’il avait laissé prospérer une forfaiture dans une élection présidentielle ; que cet acte répréhensible n’avait pas fait l’objet de sanctions. En quoi ce ministre aurait-il respecté les institutions de la République ?
Nous ne devrions pas sacrifier l’idéal et la morale pour des intérêts partisans qui passent. Nous devrions respecter l’Etat, au-delà des intérêts personnels ou des chapelles politiques qui passent, alors que l’Etat demeure. Si cette forfaiture a été perpétrée pour protéger une candidature, celle du Rdpc, c’est une erreur. Ce parti a une implantation territoriale indiscutable. Il a des moyens matériels et des hommes pour le faire gagner. Il ne devrait pas recourir au faux, pourtant, le faux a été commis !
L’histoire du Cameroun retiendra que, lors de cette phase qui précède l’élection présidentielle, il y eût des moments sombres: la démocratie, la morale et les institutions de la République en avaient souffert.
NB : Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l’auteur et ne reflètent pas nécessairement pas la pensée de 237actu.com





