Cameroun a subi en 2024 un préjudice financier de 4 milliards FCFA imputable aux pratiques de corruption, révèle le rapport annuel de la Commission nationale anti-corruption (Conac) rendu public cette semaine.
L’institution, rattachée à la présidence de la République, précise que ce chiffre combine les résultats de ses propres enquêtes, les décisions du Conseil de discipline budgétaire et financière (CDBF) et celles du Tribunal criminel spécial (TCS).
Selon le document, le CDBF a évalué les pertes à 1,7 milliard FCFA, tandis que la Conac a relevé 1,4 milliard de préjudice. Le TCS, pour sa part, a ordonné des restitutions d’un montant de 857 millions FCFA. Ces montants représentent les détournements identifiés, les manquements budgétaires et les restitutions ordonnées dans des affaires jugées en 2024.
Une baisse spectaculaire par rapport à 2023
Si le montant reste préoccupant, il marque néanmoins une chute spectaculaire par rapport à 2023, où les pertes étaient estimées à plus de 114 milliards FCFA. En un an, les pertes ont donc été réduites de près de 109 milliards, soit une diminution historique qui pourrait signaler un début d’amélioration dans la lutte contre la corruption.
Pour expliquer cette évolution, la Conac met en avant le renforcement des mesures disciplinaires dans l’administration publique : « Le nombre d’administrations ayant prononcé des sanctions est passé de 24 en 2023 à 31 en 2024 », peut-on lire dans le rapport.
Les mesures prises ont touché un spectre large d’acteurs :
298 agents publics sanctionnés,
227 étudiants et élèves épinglés,
216 entreprises titulaires de marchés publics sanctionnées, ainsi que 14 exploitants forestiers.
Malgré cette amélioration chiffrée, la corruption demeure un frein majeur à la bonne gouvernance et continue d’éroder la confiance des citoyens dans les institutions. La Conac en appelle à une mobilisation accrue de tous les acteurs pour consolider les acquis et poursuivre la lutte contre ce fléau.



