Dans une déclaration publiée le 27 octobre 2025, Me Akere Muna a refusé de reconnaître la victoire de Paul Biya, dénonçant une « élection frauduleuse » orchestrée par un Conseil constitutionnel qu’il qualifie de « tampon d’une tyrannie ».
L’ancien bâtonnier estime que le scrutin n’est qu’une*manipulation destinée à maintenir le régime en place depuis 43 ans.
Il exige lalibération immédiate des opposants arrêtés et appelle à un dialogue national souverain pour une véritable transition démocratique au Cameroun.
Lire la déclaration de Me Akere Muna:
U𝗡 𝗣𝗘𝗨𝗣𝗟𝗘 𝗧𝗥𝗔𝗛𝗜 𝗗é𝗰𝗹𝗮𝗿𝗮𝘁𝗶𝗼𝗻 𝗱𝗲 𝗔𝗸𝗲𝗿𝗲 𝗠𝗨𝗡𝗔, 𝗔𝗻𝗰𝗶𝗲𝗻 𝗕â𝘁𝗼𝗻𝗻𝗶𝗲𝗿 𝗱𝗲 𝗹’𝗢𝗿𝗱𝗿𝗲 𝗱𝗲𝘀 𝗔𝘃𝗼𝗰𝗮𝘁𝘀 𝗮𝘂 𝗕𝗮𝗿𝗿𝗲𝗮𝘂 𝗱𝘂 𝗖𝗮𝗺𝗲𝗿𝗼𝘂𝗻 𝗲𝘁 𝗔𝗻𝗰𝗶𝗲𝗻 𝗣𝗿é𝘀𝗶𝗱𝗲𝗻𝘁 𝗱𝗲 𝗟’𝘂𝗻𝗶𝗼𝗻 𝗣𝗮𝗻𝗮𝗳𝗿𝗶𝗰𝗮𝗶𝗻𝗲 𝗱𝗲𝘀 𝗔𝘃𝗼𝗰𝗮𝘁𝘀.
En ma qualité de membre actif de la Société Civile, de militant de longue date de la lutte contre la corruption, de Fondateur du « NOW MOVEMENT » et de candidat déclaré à l’élection présidentiel du 12 octobre 2025, je m’adresse à vous aujourd’hui non seulement en mon nom propre, mais comme porte-voix des principes de justice et de démocratie que l’on étouffe dans notre nation.
Je dénonce catégoriquement l’élection présidentielle frauduleuse et la proclamation subséquente et prévisible de la victoire de Paul Biya par un Conseil Constitutionnel qui a abdiqué de son rôle d’organe judiciaire pour n’être plus que le tampon d’une tyrannie.
Ceci n’est pas un résultat électoral; c’est l’aboutissement d’une architecture systémique de 43 ans conçue pour un seul but la conservation perpétuelle du pouvoir. Pour avoir combattu la corruption et la décadence institutionnelle tout au long de ma carrière, je l’affirme sans équivoque l’ensemble du cadre électoral est un instrument captif. De l’organisation du scrutin à la proclamation finale, il est dirigé par des nominés fidèles non pas à la Constitution, mais au pouvoir en place, réduisant ainsi la compétition politique véritable à une fiction juridique.
Les preuves de fraude ne sont pas seulement accablantes; elles témoignent du mépris du régime pour notre peuple. Les chiffres de participation électorale mathématiquement impossibles et les résultats statistiquement incohérents ne sont pas de simples irrégularités; ce sont les empreintes digitales d’une manipulation criminelle de la volonté populaire.
Comment puis-je croire en des résultats qui, malgré le fait que je me sois désisté 11 jours avant le scrutin en saisissant ELECAM par voie d’huissier, prennent en compte mes bulletins de vote et comptabilise mes voix ? Comment croire en des résultats qui créditent le Président sortant de 86% de suffrages dans le Nord-Ouest dans un contexte connu de tous ?
Cette subversion éhontée a élargi la fissure de notre contrat social. Qu’il soit clair, en tant qu’avocat: la légalité tronquée et intéressée du régime ne peut jamais se substituer à la légitimité démocratique conférée par le consentement des gouvernés. Un mandat construit sur la coercition, la confiscation des institutions et la fraude n’est pas seulement illégitime; c’est un coup d’État constitutionnel.
Les conséquences sont catastrophiques. La paix est brisée, et notre unité nationale est fracturée au-delà de toute mesure. Je pleure avec vous les vies précieuses perdues depuis le dimanche 26 octobre… des vies anéanties par un régime qui valorise le pouvoir plus que les personnes.
L’arrestation en cours des leaders de l’opposition n’est pas un signe de force; c’est l’acte d’un régime paralysé par la peur de ses propres citoyens. C’est une provocation irresponsable qui risque de plonger notre nation dans une crise irréversible.
De ce qui précède il est impératif que le gouvernement procède à :
- La libération immédiate et inconditionnelle de tous les prisonniers politiques et citoyens arbitrairement détenus.
- L’engagement d’un dialogue national souverain, pour mettre fin à cette crise systémique et négocier un cadre pour une transition démocratique légitime.
Le peuple camerounais mérite un gouvernement de son choix, et non un dirigeant imposé par une mascarade institutionnelle corrompue et cynique. Ma détermination, et celle de tous ceux qui aspirent à une nouvelle aube, reste inébranlable. La lutte pour un Cameroun légitime, juste et uni se poursuit.
Yaoundé, le 27 octobre 2025
Akere T. MUNA





