L’unique fille du couple présidentiel camerounais a annoncé son départ définitif du réseau social TikTok lors d’un direct chargé d’émotion. Entre aveux de solitude et sentiment d’exclusion, Brenda Biya confesse une rupture profonde avec l’opinion publique et son propre cercle familial. Ce nouveau coup d’éclat interroge sur la stabilité de sa parole, quelques mois seulement après son revirement politique spectaculaire lors de la présidentielle de 2025.
Encore une annonce de Brenda Biya. La figure de proue de la jeunesse dorée sur les réseaux sociaux, jette l’éponge. Au cours d’un « live » suivi par des milliers d’internautes, elle a scellé son divorce avec TikTok, plateforme où elle exposait jusqu’ici son quotidien de « First Daughter ».
« Même ma famille ne m’aime pas »
Derrière l’annonce de ce retrait se cache un malaise identitaire profond. La jeune femme n’a pas utilisé de pincettes pour décrire son sentiment d’isolement. Elle pointe du doigt un rejet massif de la part de ses compatriotes, mais aussi un déchirement intime : « Les Camerounais ne m’ont jamais aimée parce qu’ils estiment que je vole leur argent […] même ma famille ne m’aime pas », a-t-elle confessé, la mine défaite.
Ces mots résonnent comme une complainte dans un pays où l’image de la famille présidentielle est d’ordinaire verrouillée. En évoquant ses « choix de vie » comme source de cette désaffection, Brenda Biya souligne le fossé qui se creuse entre ses aspirations personnelles et les attentes conservatrices d’une partie de l’establishment et de la population.
Le spectre du « rétropédalage » de 2025
Pourtant, cette énième sortie médiatique peine à convaincre les analystes les plus sceptiques. La mémoire collective reste marquée par le traumatisme des élections présidentielles d’octobre 2025. À l’époque, la fille du Chef de l’État avait orchestré une volte-face historique. Après avoir appelé, dans une vidéo virale, à voter contre son propre père, elle s’était rétractée quelques jours plus tard, plaidant pour le renouvellement du bail de Paul Biya. « Je fais moi aussi souvent des erreurs », avait-elle alors justifié pour éteindre l’incendie.
Ce précédent de 2025 pèse lourd sur la balance de sa crédibilité actuelle. Dans les salons feutrés de Yaoundé comme dans les « calls box » de Douala, une question revient en boucle : cette annonce de départ n’est-elle qu’une énième péripétie numérique avant un nouveau retour en grâce ?
Une parole dévaluée par l’inconstance
Pour 237ACTU.COM, le constat est factuel. Entre ses velléités de rébellion politique et ses larmes numériques, la parole de Brenda Biya semble être entrée dans une zone de turbulences permanentes. Si elle part réellement de TikTok, elle laisse derrière elle l’image d’une princesse incomprise, piégée entre son nom de famille et ses désirs de liberté.
Reste à savoir si ce retrait définitif sera plus solide que ses engagements politiques de l’an dernier. Car au Cameroun, en politique comme sur les réseaux sociaux, le silence est parfois le plus bruyant des messages, à condition qu’il ne soit pas suivi d’un nouveau « live » de justification.





