« La diversité des communautés ethniques n’est pas une menace »

 L’observateur de l’espace public camerounais Oscar Djiki estime dans cette tribune que le Cameroun et les Camerounais n’ont aucun souci à vivre ensemble mais le vrai problème. Cependant, il note que c’est l’héritage colonial et néocolonial qui divise et  oppose.

Imaginez une vaste route plongée dans la nuit, symbole de l’histoire commune d’un peuple. Deux voitures s’y engagent, mais chacune emprunte une voie opposée. L’une est baignée de lumière, l’autre enveloppée d’ombre. Celui qui est dans l’obscurité distingue aisément celui qui brille, mais inversement, l’homme de lumière ne perçoit pas celui qui demeure dans les ténèbres. De cette asymétrie naît le ressentiment : l’ombre accuse la lumière de mépris, et cherche à s’armer d’une lumière propre, non pour éclairer le chemin, mais pour se venger de l’aveuglement supposé de l’autre.

Alors, au moment des prochains croisements, chacun déploie ses pleins phares. Mais cette intensité, loin de révéler, aveugle. Les pleins phares excessifs se transforment en obscurité nouvelle, et l’accident devient inévitable : nul ne voit plus rien. Certains proposent alors une solution : abaisser les phares, réduire l’éclat, tempérer la puissance. Certes, cette mesure tient, elle permet d’éviter la collision. Mais à quel prix ?

Elle tue les lumières, elle étouffe les richesses, les compétences et les potentialités dont le pays a besoin pour avancer. Voilà donc l’astuce : dans un pays où règne l’obscurité, on conseille d’éteindre les lampes. Quelle brillante absurdité ! Car le problème n’est pas au niveau des phares, mais au niveau des « directions opposées des voitures »

Ainsi en est-il du Cameroun : lorsque la lumière du Taro ou du Mbongo semble déranger, le problème n’est pas la lumière elle-même, mais la manière dont elle est orientée. Au lieu de conjuguer nos forces pour éclairer la route commune, nous demandons à ceux qui brillent de se diminuer, et nous nous privons de l’énergie qui pourrait dissiper la nuit.

La véritable solution n’est pas d’affaiblir nos lumières, mais de proposer la convergence : orienter les faisceaux lumineux vers un même horizon. Si nos regards se fixaient sur une finalité commune, la lumière de l’un deviendrait ressource pour l’autre. Les pleins phares, conjugués et orientés vers un but partagé, ne seraient plus instruments d’aveuglement, mais faisceaux convergents capables de dissiper la nuit et d’ouvrir la voie.

Le problème du Cameroun n’est donc ni la lumière ni l’obscurité, ni même la nécessité de réduire l’éclat. Le problème réside dans la divergence des regards. Tant que nous ne contemplerons pas ensemble l’horizon commun, nos lumières, si puissantes soient-elles, ne seront que des éclats dispersés dans la nuit.

La diversité des communautés ethniques n’est pas une menace. Ce sont ceux qui cherchent à brider certains dynamismes ou à étouffer certains rayonnements qui, sous prétexte d’éviter les conflits interethniques, finissent par tuer les compétences et les forces dont le Cameroun a besoin pour se développer. Pire encore, ils accentuent — souvent sans en avoir conscience — les tensions qu’ils prétendent vouloir prévenir. Le véritable problème vient de l’héritage colonial et néocolonial qui nous a divisés en nous opposant. Ceux qui n’ont pas compris cela continuent de voir dans les ethnies des adversaires, des ennemis ou des menaces. La solution, au contraire, est de reconnaître que nous formons un seul peuple : malgré notre diversité, nous devons regarder dans la même direction, afin que chaque succès ou rayonnement de l’un soit compris comme celui de tous.

NB: je ne parle pas de la NOURRITURE, pas de taro, pas de Mbongo, pas du prétendu communiqué…… Rien de tout ce qui relève de votre domaine de définition.

 

 

 

 

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