L’éligibilité controversée de l’attaquant américain Folarin Balogun pour le huitième de finale contre la Belgique fait polémique. Après une intervention directe de Donald Trump auprès de Gianni Infantino, la FIFA a suspendu la sanction du joueur. Une décision qui suscite l’ire de l’Europe et interroge sur l’indépendance des instances mondiales du football à l’heure où l’intégrité de la compétition est ouvertement questionnée.
C’est un séisme qui secoue la planète football. À quelques heures du choc opposant les États-Unis à la Belgique, le terrain de jeu semble avoir été déporté dans les arcanes de la diplomatie internationale. Folarin Balogun, initialement suspendu après un carton rouge reçu face à la Bosnie, pourra finalement fouler la pelouse de Seattle. Le président américain Donald Trump a confirmé avoir personnellement sollicité Gianni Infantino, le patron de la FIFA. Si le locataire de la Maison Blanche assure ne pas avoir exercé de « pression », affirmant avoir simplement demandé un « réexamen » d’une faute qu’il juge inexistante, le timing et la nature de l’échange interpellent. Pour Trump, le maintien de cette suspension aurait laissé « une grosse tache » sur ce Mondial, n’hésitant pas au passage à qualifier de « suspecte » la décision de l’arbitre brésilien Raphael Claus.
Face à la fronde, la FIFA invoque l’article 27 de son code disciplinaire, permettant une suspension partielle des mesures. Une explication jugée largement insuffisante par l’UEFA, qui dénonce le franchissement d’une « ligne rouge ». La Fédération belge de football, directement lésée, a vu son recours rejeté par une instance mondiale arguant d’un manque de qualité à agir, une fin de non-recevoir qui renforce le sentiment d’arbitraire.
De son côté, Gianni Infantino tente de maintenir le cap en rappelant l’indépendance des organes judiciaires de son institution. Un discours qui peine à convaincre, alors que des voix prestigieuses, à l’instar du sélectionneur anglais Thomas Tuchel, s’inquiètent ouvertement du précédent dangereux ainsi créé pour l’équité sportive. Au-delà de la qualification pour les quarts de finale, c’est la crédibilité même de la FIFA qui se retrouve sur le banc des accusés. En semblant céder à la pression politique, l’instance mondiale ouvre une boîte de Pandore où le poids des chancelleries pourrait désormais supplanter la rigueur des arbitres sur le terrain, transformant ce rendez-vous sportif en une affaire d’État aux conséquences imprévisibles.





