Dans cette lettre d’honneur, l’universitaire et homme politique, comme à son habitude interpelle sur les dérives qui entravent la paix et la justice au Cameroun.
Le Président de la Commission indépendante contre la corruption et la discrimination (COMICODI)
Président du Mouvement Populaire pour le Dialogue et la Réconciliation (MPDR)
Croisade contre l’impunité, le laxisme et l’inertie
LETTRE D’HONNEUR
Aux feymen, feymowen, bandits en col blanc, gangsters, arnaqueurs et truands de tous les calibres qui achètent les magistrats et soudoient les officiers de police judiciaire pour demeurer en liberté, respirer l’air frais, voyager en classe affaire, dribler la police des frontières en toute impunité, enlever le sommeil à leurs nombreuses victimes et les menacer des plus terribles des vengeances.
La justice républicaine vous rattrapera tôt ou tard
et la punition divine s’abattra sur vous
car il y a un temps pout tout
Presqu’au quotidien, je reçois des cas les uns plus révoltants que les autres. Ce sont des veuves, des orphelins, des débrouillards, des citoyennes et citoyens tranquilles mais désemparés, perdus, sans voix et au bord de l’abîme. Mon discours rassurant et encourageant ne suffit plus, et mon appel à la confiance en notre pays, notre patrie et en son destin ne suffit plus. Leurs histoires se succèdent et se ressemblent, toujours des déceptions à cause des décisions de justice rendus complètement à l’envers, complètement contre la vérité, contre les faits, contre le droit et à l’opposé de la loi. Victimes au pluriel, victimes au sommet, victimes dans tous les sens.
Victimes des AVC, ils sont nombreux, les justiciables qui en sont passés par là. Notre pays a dorénavant une population en rapide progression de truands sans foi ni loi qui vous disent ouvertement qu’ils ont les moyens de tout acheter, d’acheter la justice, qu’ils contrôlent tout et se fichent de leurs partenaires et victimes. Ces truands les narguent, les humilient, les insultent et les piétinent publiquement. Mais qui sont-ils donc, ces voyous qui n’ont plus de la république et de l’Etat de droit, qu’une considération de papier toilette ?
La réponse se situent à chaque coin de rue, à chaque occasion, à chaque affaire et dans chaque décision de justice. Il ne faut pas aller loin, il faut voir tout à côté de soi. Ces gens sont partout, téléphonant aux magistrats, aux commissaires, aux commandants, aux ministres, aux députés, aux sénateurs et aux conseillers de la présidence de la république en les appelant par leur prénom, vantant leurs relations avec les PG, les présidents des tribunaux, les procureurs.
D’accord, mesdames et messieurs, vous avez fait et continuez de faire beaucoup de victimes, beaucoup de malheureux, de désespérés et de morts, mais chaque chose a une fin. Il y a un temps pour tout. Non, non, non vraiment, ne dormez pas tranquilles, ne fermez pas l’œil, ne criez pas victoire trop tôt.
En effet, le crépuscule de votre toute puissance s’annonce terrible, effroyable de souffrances et de peines pour vous, pour tous vos partisans et courtisans. Prendre la chose de quelqu’un et l’insulter, l’humilier, le conduire à la mort, c’est votre quotidien, presque votre métier, mais soyez assurés que le châtiment est à l’horizon. La justice républicaine vous rattrapera tôt ou tard, et la punition divine s’abattra sur vous./.
Yaoundé, 06 juillet 2026





