Le tribunal militaire relance l’examen du rapport explosif de l’expert en cybercriminalité.
Le procès de l’assassinat du journaliste Martinez Zogo connaît un nouveau tournant ce lundi 13 juillet 2026 devant le tribunal militaire de Yaoundé. Après une suspension de plusieurs semaines, les débats reprennent avec la poursuite du contre-interrogatoire de Jean-Pierre Ouloumou, l’expert en cybercriminalité chargé d’analyser les téléphones saisis dans le cadre de cette affaire qui continue de passionner l’opinion publique.
Lors des précédentes audiences, les avocats de la partie civile ont soumis l’expert à un feu nourri de questions, s’interrogeant notamment sur les raisons qui l’ont conduit à recommander la remise en liberté de l’homme d’affaires Jean-Pierre Amougou Belinga. Ils lui reprochent d’avoir outrepassé son rôle d’expert technique en formulant une appréciation qui relèverait davantage du juge que du spécialiste en cybercriminalité.
Les interrogations portent également sur les conclusions de son analyse concernant d’autres accusés, ainsi que sur des accusations selon lesquelles il aurait tenté d’influencer certains avocats de la défense, des allégations qu’il n’a pas confirmées devant le tribunal.
Ce lundi, c’est Me Jacques Mbuny, avocat du lieutenant-colonel Justin Danwe, ancien responsable des opérations à la DGRE et l’un des principaux accusés, qui reprendra le contre-interrogatoire. Les autres avocats de la défense interviendront ensuite avant le réinterrogatoire de l’expert par le ministère public.
Prévu sur deux journées, jusqu’au 14 juillet, ce nouveau chapitre du procès pourrait permettre au tribunal de mieux apprécier la crédibilité du rapport d’expertise téléphonique, dont dépend en partie l’appréciation des responsabilités des 17 personnes poursuivies dans cette affaire emblématique.





