Crise post-electorale : Issa Tchiroma dépose plainte en Suisse contre 21 personnalités du régime

Le 13 juillet 2026, l’ancien ministre Issa Tchiroma Bakary a annoncé le dépôt de deux plaintes pénales en Suisse concernant la répression des manifestations post-électorales de 2025. Invoquant le principe de compétence universelle, cette procédure judiciaire inédite vise directement le chef de l’État Paul Biya ainsi que vingt autres hauts responsables politiques, policiers et militaires du Cameroun.

L’actualité judiciaire camerounaise prend une dimension internationale. Dans une démarche qui marque un tournant dans la gestion des crises politiques internes, Issa Tchiroma Bakary a officialisé, ce lundi, le dépôt de deux plaintes pénales auprès des autorités judiciaires suisses. Cette procédure, fondée sur le principe juridique de compétence universelle, cible les auteurs présumés de la répression qui a suivi l’élection présidentielle du 12 octobre 2025.

Une liste de personnalités au cœur du pouvoir

La liste des personnes visées par ces plaintes est particulièrement exhaustive et touche les sommets de l’État. Outre le président de la République, Paul Biya, la procédure cible des figures centrales de l’administration et de la sécurité. Parmi les noms cités figurent notamment Ferdinand Ngoh Ngoh, Secrétaire général de la présidence de la République ; Paul Atanga Nji, Ministre de l’Administration territoriale ; et Joseph Beti Assomo, Ministre délégué à la Présidence chargé de la Défense.

Le volet sécuritaire et électoral est également largement représenté. La plainte nomme, entre autres, le président du Conseil constitutionnel Clément Atangana, le Directeur général des élections Erik Essousse, le DGSN Martin Mbarga Nguele, ainsi que des hauts gradés de la gendarmerie, du Bataillon d’intervention rapide (BIR) et des services de renseignement.

Un défi judiciaire inédit

À travers ces actions, l’objectif affiché est d’établir les responsabilités individuelles dans la gestion des événements tragiques ayant émaillé le scrutin d’octobre 2025. Le choix de la juridiction suisse, connue pour son application stricte du droit international, souligne la volonté des plaignants de déplacer le contentieux électoral camerounais sur un terrain étranger.

Si le dépôt de plainte ne constitue qu’une étape préliminaire dans une procédure qui s’annonce longue et complexe, il place désormais le régime de Yaoundé face à une équation diplomatique et judiciaire sans précédent.

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