Le Mouvement patriotique pour la prospérité du peuple (MP3), dirigé par Samuel Hiram Iyodi, souhaite voir s’ouvrir un débat national sur l’encadrement des séjours prolongés du président de la République à l’étranger. Dans une correspondance adressée le 6 août 2026 au président de l’Assemblée nationale, le parti propose l’adoption d’un cadre juridique définissant les modalités de contrôle institutionnel lorsque le chef de l’État s’absente durablement du territoire.
Cette initiative intervient alors que Paul Biya séjourne en Europe depuis le 7 juin 2026. Présenté initialement par la présidence comme un « court séjour privé », ce déplacement suscite des interrogations au sein de l’opposition, d’autant plus que le poste de vice-président de la République, créé par la révision constitutionnelle d’avril 2026, n’a toujours pas été pourvu.
Le MP3 estime qu’au-delà d’une certaine durée d’absence, des mécanismes de contrôle et d’information de la Nation devraient être prévus par la loi afin de garantir la transparence et la stabilité institutionnelle.
Le mouvement de Samuel Hiram Iyodi appelle également les députés à examiner l’opportunité d’une révision constitutionnelle ou de toute autre réforme permettant de préciser les règles relatives aux séjours prolongés du chef de l’État, aux conditions d’une éventuelle suppléance temporaire ainsi qu’aux procédures de saisine du Conseil constitutionnel en cas de doute sur un empêchement.
Une initiative confrontée à d’importants obstacles
Sur le plan juridique, la proposition du MP3 se heurte toutefois aux dispositions encadrant le fonctionnement du Parlement. En effet, le président de l’Assemblée nationale ne peut convoquer seul une session extraordinaire. Une telle session ne peut être organisée qu’à la demande du président de la République ou d’au moins un tiers des députés.
Dans le contexte politique actuel, où le RDPC dispose d’une large majorité parlementaire, réunir un tel soutien apparaît particulièrement difficile.




