Santé – Le promoteur du Bome François, le Pasteur François Désiré Ekouma Ananga, a fermement contesté, ce mercredi 12 août 2026 à Yaoundé, les informations faisant état d’une prétendue déclaration d’« impropriété à la consommation » de son produit. Face à la presse nationale et internationale, il affirme que la marque Bome François fait l’objet d’une campagne de désinformation appelle les consommateurs à ne pas céder à la rumeur.
La polémique enfle autour du Bome François, produit présenté comme issu de la pharmacopée traditionnelle camerounaise. Alors que des publications relayées ces derniers jours sur les réseaux sociaux et dans certains médias font état d’analyses défavorables du Laboratoire National de Contrôle de Qualité des Médicaments et d’Expertise (LANACOME), le promoteur de la marque est monté au créneau pour apporter un démenti formel.
Au cours d’un point de presse organisé ce mercredi 12 août 2026 à Yaoundé, François Désiré Ekouma Ananga, promoteur de la marque « Bome François » et PDG de François Santé Sarl, a rejeté les informations présentant son produit comme dangereux ou impropre à la consommation humaine. Il a notamment dénoncé ce qu’il considère comme une campagne visant à fragiliser son activité et a réaffirmé sa confiance dans les vertus thérapeutiques revendiquées du produit.
Une polémique sur fond de réglementation sanitaire
Au cœur de la controverse figure toutefois une question essentielle : le statut réglementaire et sanitaire du Bome François. Selon les informations relayées avant le point de presse, le produit aurait été commercialisé à grande échelle sans disposer d’une Autorisation de mise sur le marché (AMM) ni du statut de Médicament traditionnel amélioré (MTA). L’Ordre national des pharmaciens aurait déjà attiré l’attention sur la nécessité de soumettre ce type de produit au respect des exigences réglementaires en vigueur.
Des démarches de normalisation auraient par ailleurs été engagées entre le promoteur et les structures compétentes, notamment autour de l’hygiène de production, de la standardisation de la fabrication et du contrôle des lots. C’est précisément sur les résultats des contrôles effectués que subsiste aujourd’hui une divergence entre les informations publiquement relayées et la version défendue par le promoteur.

Le LANACOME au centre des interrogations
Des publications attribuées à des sources médiatiques ont rapporté que les analyses réalisées par le LANACOME n’auraient pas permis de valider la formulation actuelle du Bome François. Ces informations ont alimenté la rumeur d’une déclaration d’« impropriété à la consommation ». Mais lors de son point de presse, le promoteur a contesté cette présentation de la situation.
En l’absence, dans les éléments communiqués à la presse, d’un document officiel du LANACOME permettant de préciser la nature exacte des analyses, leurs résultats et la portée réglementaire de la décision évoquée, il convient de distinguer les faits établis des informations encore sujettes à clarification.
La question est d’autant plus importante que l’expression « impropre à la consommation » peut être comprise de différentes manières par le grand public. Elle ne saurait être interprétée comme une simple recommandation de modifier le mode d’utilisation du produit. Lorsqu’une autorité sanitaire établit qu’un produit présente un risque pour la santé, les mesures applicables doivent être précisées par l’autorité compétente.
La popularité ne remplace pas l’homologation
Avec une importante diffusion auprès du public, le Bome François s’est imposé comme un produit largement connu au Cameroun et même hors de nos frontières. Mais sa popularité ne dispense pas son fabricant des exigences relatives à la qualité, à la sécurité, à la traçabilité et à la conformité réglementaire.
Pour les produits issus de la pharmacopée traditionnelle destinés à être commercialisés à grande échelle, la question de la standardisation des formulations, de la maîtrise des dosages et de l’évaluation de la toxicité demeure déterminante.

Le débat soulevé par le Bome François dépasse ainsi le seul cas de son promoteur. Il met en lumière la nécessité pour le Cameroun de mieux encadrer les produits de la médecine traditionnelle, tout en permettant aux innovations locales de se conformer progressivement aux exigences scientifiques et sanitaires.
Entre innovation locale et impératif de santé publique
Le promoteur du Bome François présente son produit comme une réussite locale et entend poursuivre sa commercialisation. Les autorités sanitaires, de leur côté, ont la responsabilité de garantir que tout produit mis à la disposition du public répond aux normes de sécurité requises.
Le véritable enjeu est donc de parvenir à un équilibre entre valorisation de la pharmacopée traditionnelle Camerounaise et protection des consommateurs.
Pour l’heure, une question demeure au centre de la polémique : le Bome François a-t-il effectivement été déclaré impropre à la consommation par l’autorité compétente, ou s’agit-il d’une interprétation ou d’une information incomplète relayée sur les réseaux sociaux ?
Une clarification officielle du LANACOME sur les résultats des analyses, le statut réglementaire du produit et les éventuelles mesures à prendre permettrait de mettre fin aux spéculations. En attendant, le promoteur maintient sa position : le Bome François n’est pas, selon lui, le produit dangereux décrit sur les réseaux sociaux et la bataille engagée relève désormais autant de la communication que de la conformité sanitaire.





