Cameroun-Crise anglophone: Les anglophones continuent à trouver réfugie au Nigeria voisin.

Plusieurs localités frontalières désertées par les déplacés qui fuient les violences au Nord-Ouest et au Sud-Ouest.

Au moins 5000 Camerounais ont trouvé refuge dans des villages frontaliers au Nigeria, à la date du 2 novembre 2017. Ces ressortissants des zones anglophones du Nord-Ouest et du Sud-Ouest ont affirmé aux autorités nigérianes qu’ils ont été contraints de fuir les violences en cours dans leurs régions d’origine. « Des Camerounais entraient chez nous par groupes de trois ou quatre au début de l’année mais depuis octobre 2017, on enregistre des arrivées massives et nous allons être débordés bientôt », a confié hier dimanche en fin de soirée un responsable de la police à Ikom, porte principale d’entrée du Nigeria à partir de Mfum.

Les réfugiés sont constitués en grande majorité de femmes et des enfants, selon la même source. Plusieurs réfugiés ont indiqué à un journaliste qui s’est rendu sur place à Utanga qu’ils étaient partis de Kumba, Buea, Mbengwi, Limbe, Kumbo, et avaient dû marcher plusieurs centaines de kilomètres à pied. Contacté samedi et dimanche, le Directeur général de la State Emergency Management Agency à Calabar (Sema), John Inaku n’était pas disponible pour répondre. Cependant, Daniel Okono, responsable des Relations communautaires auprès du gouverneur de l’Etat de Cross-River a affirmé au Jour que la situation devient alarmante, de jour en jour.

« Les réfugiés qui arrivent en masse sont très bien traités. On en dénombre entre 4000 et 5000 selon les derniers pointages mais les chiffres évoluent vite étant donné que des gens conti- nuent de traverser la frontière chaque jour », dit-il. Daniel Okono qui est allé à plusieurs reprises au chevet des déplacés parle d’une parfaite entente entre les réfugiés et les populations locales des communes nigérianes de Boki, Ikom, Etung et Obanliku, de l’Etat de Cross-River dont la capitale est Calabar. La même langue est parlée de part et d’autre de la frontière.

« Pour le moment, nous avons offert de concert avec le Haut-commissariat des Nations-Unies pour les Réfugiés de la nourriture et du matériel de couchage. Mais la Sema attend l’ordre du gouvernement pour débloquer des fonds supplémentaires pour la prise en charge ». Le Jour a appris que de hauts responsables de la sécurité du Nigeria se sont rendus dans les zones d’accueil des réfugiés. « Plusieurs personnes ont été entendues sur la base des informations fournies par les services spécialisés à Abuja et Calabar », a indiqué une source sécuritaire. Sans plus.

Pour l’instant, les frontières camerounaises avec le Nigeria restent fermées au Sud-Ouest et au Nord-Ouest. Mais les déplacés utilisent des couloirs depuis les villages de Oliti, Engale et Yive, autour d’Akwaya, pour traverser.

 

© Source : Le Jour : Denis Nkwebo

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