Cameroun : La CAN est finie et nous sommes rattrapés par nos réalités

Hier, c’était la grippe aviaire. Le poulet est appelé à disparaître de nos assiettes. Aujourd’hui, c’est la farine. Le pain est appelé à disparaître de nos assiettes. On s’apprête donc à affronter un vent d’insécurité alimentaire.

En effet, les importateurs ont décidé ce jour de suspendre la distribution de la farine panifiable avec effet immédiat. On aura tout vu dans ce pays. C’est à se demander qui dirige le pays: Les lobbies ou le gouvernement ? 

En tout cas, voici ce qui arrive lorsqu’on choisit la solution de la facilité. Lorsqu’on choisit toujours de gérer le pays par une série de mesures conjoncturelles. Lorsqu’on choisit les importations pour résoudre les problèmes de sous-production nationale. Jamais des solutions durables. Jamais des réformes structurelles nécessaires pour notre autonomisation. 100% de blé importé pour faire la farine panifiable. On s’attendait à quoi en cas de choc externe? Les patrons demandent au gouvernement camerounais de payer pour les mesures prises par les gouvernements étrangers. C’est économiquement intenable et politiquement absurde. Mais, ils veulent faire le passage en force en vue de gagner l’argent sans « entrer dans la boue » comme m’a lancé l’un d’eux. Il veulent que l’on supprime l’évaluation de conformité afin qu’ils continuent de nous importer les produits contrefaits au pays. Avant le PECAE, qui pouvait trouver un produit de bonne qualité sur le marché camerounais ? Vous comprenez que les commerçants véreux soient fâchés ! Sur ce coup, le gouvernement avait bien joué.

Mais, on verra bien si ce même gouvernement cédera à ce nouveau chantage. On verra même s’il aura la capacité de répondre à cet affront. 

Pour ma part, ma position est claire: On ne peut pas valablement donner des mesures incitatives pour importer; il faut plutôt en donner pour produire localement. C’est la solution durable qui ne prend pas une éternité comme le disent le lobby des importateurs pour être mise en œuvre. Le cycle du blé par exemple est de 4 mois. Nous devons savoir ce que nous voulons.

On verra bien !

Louis-Marie Kakdeu, Correspondance

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