Dans son éditorial politique de ce lundi 20 juillet 2026Eric Boniface Tchouakeu questionne le long séjour privé du chef de l’Etat camerounais en Europe.
Le président de la République, Paul Biya, a quitté le Cameroun depuis le 07 juin 2026, officiellement pour un « court séjour privé » en Europe, d’après le communiqué rendu public par son Directeur de Cabinet, Samuel Mvondo Ayolo.
Le journal panafricain à la réputation établie « Jeune Afrique », à travers plusieurs articles consacrés à ce déplacement, a amené le Gouvernement à admettre ou à révéler que le Chef de l’Etat camerounais séjourne effectivement à Genève en Suisse, où il a ses habitudes, depuis son accession au pouvoir le 06 novembre 1982.
Ce séjour présenté comme « court »au départ, mais qui semble indéfiniment se prolonger, suscite de nombreuses spéculation au sein de l’opinion, notamment sur l’état de santé de Paul Biya, 93 ans, en dépit de plusieurs sorties rassurantes des autorités sur la question ; certains allant même jusqu’à avancer ‘idée de la vacance du pouvoir au Cameroun.
A ce niveau il y a lieu de relever que, contrairement à une fausse conception largement répandue, la vacance du pouvoir au Cameroun ne peut pas être déterminée, ni même constatée en se référant au nombre de jours passés hors du territoire national par le Président de la République ; la loi fondamentale ne lui ayant jamais fixé de limite.
On ne peut parler de vacance du pouvoir au Cameroun, que dans trois (03) hypothèses limitativement énumérées par la constitution en vigueur : en cas de décès, de démission, ou d’empêchement définitif du Président en fonction.
Il y a cependant lieu d’indiquer que ni la constitution, ni aucune autre loi, ne précisent ce que l’on peut entendre par « empêchement définitif » du Président de la République, pouvant donner droit à la constatation de la vacance du pouvoir.
Il n’y a donc en somme pas lieu, de soulever la question de la vacance du pouvoir sur la seule base d’un séjour prolongé du Chef de l’Etat à l’étranger.
Il pourrait même y résider et diriger la Cameroun à distance durant tout son mandat, sans qu’il y ait une quelconque entorse du point de vue légal.
Le problème à ce niveau concerne davantage la morale ou l’éthique politique.
L’attente prolongée de la formation du Gouvernement après le scrutin présidentiel du 12 octobre 2025,ainsi que celle de la nomination d’un Vice-Président de la République au regard de la rapidité, voire la précipitation pour certains, avec laquelle la réforme réintroduisant le poste dans le dispositif institutionnel, a été faite, pourraient sans doute, expliquer pourquoi certains se livrent en ce moment à l’exercice de comptage quasi quotidien, du nombre de jours passés hors du Cameroun par Paul Biya, depuis le 07 juin 2026.
Car, en un peu plus de 43 ans de pouvoir sans interruption, il n’a jamais signé, ou fait publier un important décret depuis l’étranger.





