Dans cette communication de l’avocate et ancienne militante du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun(MRC) Michelle Ndoki, il est clair que Clément Atangana ne laissera pas un souvenir des plus radieux aux camerounais car, pour elle, il a validé la victoire contestée de Paul Biya lors de l’élection présidentielle en octobre 2025 dernier.
J’ai plaidé devant le Conseil constitutionnel aux côtés de Prof. Maurice Kamto en 2018 et de Me Akere Muna en 2025. Le Conseil avait le devoir d’examiner ces recours en toute indépendance, y compris lorsque les intérêts du chef de l’État qui avait nommé son président étaient en jeu.
Sous la présidence de Clément Atangana, le Conseil a validé les victoires contestées de Paul Biya en 2018 et en 2025, et rejeté notre recours contre sa candidature en 2025. Atangana a ensuite été filmé en train de célébrer la victoire de Biya. Ce comportement soulève une question sérieuse quant à l’impartialité que les citoyens étaient en droit d’attendre de lui.
Les avocats ne vont pas au tribunal en pensant qu’ils doivent forcément gagner. Ils attendent, au minimum, que leurs éléments de preuve soient examinés à leur juste valeur. Tout ce que nous retenons du Conseil constitutionnel, c’est ce mot : « irrecevable », opposé à toute preuve qui ne servait pas les intérêts de l’élite au pouvoir.
En apprenant le décès d’Atangana, ma première pensée est donc que son héritage doit être examiné au regard des responsabilités de sa fonction. Le Conseil, sous sa présidence, a-t-il offert aux Camerounais un moyen efficace de contester le pouvoir présidentiel, ou a-t-il protégé ce pouvoir de tout contrôle ?
Aussi triste que soit la mort d’un homme, il est plus triste encore que son décès soit assombri par cette question : de nombreuses vies camerounaises auraient-elles pu être sauvées s’il avait fait son travail avec impartialité ?
Quoi qu’il en soit, j’adresse mes condoléances à la famille et aux proches de Clément Atangana.
Kamerun, Ekombo’a Mwaye





