À quelques jours de la convention extraordinaire du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC), prévue le 17 octobre 2026 à Yaoundé, les tensions montent entre les deux camps en lice pour la présidence du parti. Pierre Emmanuel Binyam menace de retirer sa liste si certaines conditions ne sont pas satisfaites, tandis que Mamadou Mota, soutien de Tiriane Balbine Noah, l’accuse de compromettre le bon déroulement du scrutin.
Dans une déclaration publiée le 12 octobre, l’équipe de Pierre Emmanuel Binyam a formulé plusieurs exigences concernant l’organisation de cette convention. Elle réclame notamment la publication de la liste actualisée des électeurs, un délai supplémentaire pour le paiement des cotisations des militants et la prise en charge des frais de transport des délégués originaires du Grand Nord.
Le camp E. Binyam souhaite également que le paiement intégral des cotisations ne constitue pas une condition obligatoire pour participer au vote. Selon ses estimations, moins de 25 % des délégués seraient à jour de leurs contributions financières.
Face à cette situation, Pierre Emmanuel Binyam et son équipe brandissent la menace d’un retrait de la course à la présidence. Ils estiment que la transparence et l’équité doivent prévaloir dans le processus électoral, afin de garantir la participation du plus grand nombre de militants.
Mamadou Mota contre-attaque
Ces revendications ont provoqué une réaction de Mamadou Mota, ancien premier vice-président du MRC et coordonnateur de campagne de Tiriane Balbine Noah, présidente par intérim du parti.
Ce dernier pointe ce qu’il considère comme une contradiction dans les demandes du camp adverse. Selon lui, réclamer un assouplissement des règles de cotisation tout en exigeant le financement des déplacements des délégués pose un problème de ressources financières.
Mamadou Mota s’interroge notamment sur les moyens dont disposerait le parti pour financer les billets aller-retour des délégués de l’Extrême-Nord si les cotisations devenaient facultatives ou pouvaient être réglées jusqu’au dernier moment.
Il estime également qu’une modification tardive des conditions de participation compliquerait l’organisation logistique de la convention. Le parti pourrait, selon son argumentation, engager des dépenses de transport sans disposer à temps d’une liste définitive des délégués remplissant les conditions requises.
Dans une sortie particulièrement offensive, il accuse le camp Binyam de favoriser une situation susceptible de perturber le scrutin.
La succession de Maurice Kamto en toile de fond
Cette confrontation intervient dans le cadre de la succession de Maurice Kamto, qui a quitté la présidence du MRC le 8 septembre 2026. Deux listes ont été retenues pour cette compétition interne : celle de Tiriane Balbine Noah et celle de Pierre Emmanuel Binyam.
Alors que la convention du 17 octobre approche, les modalités de participation des militants, le paiement des cotisations et le financement des déplacements des délégués cristallisent désormais les désaccords.





