L’homme politique et universitaire dans cette sortie souhaite la libération des prisonniers politiques que sont Djeukam Tchameni et Parfait Mbvoum.
« Pour la libération de Djeukam Tchameni, Parfait Mbvoum et tous les prisonniers politiques
La politique se dénude au Cameroun : elle révèle sa violence nue, celle qui enferme, qui réduit l’homme à un dossier, à un numéro, à une cellule. La crise post‑électorale d’octobre dernier a laissé derrière elle des visages emprisonnés, des existences suspendues : celles de Djeukam Tchameni, d’Aloys Parfait Mbvoum, et de tant d’autres prisonniers politiques.
Mais il ne s’agit pas seulement d’hommes isolés. Il s’agit du visage de l’autre, ce visage qui nous regarde et qui nous oblige. Car l’éthique commence là : dans la rencontre avec l’autre, dans l’impossibilité de détourner le regard. Le prisonnier politique n’est pas une abstraction ; il est un appel à notre responsabilité.
Libérer Djeukam Tchameni, Aloys Parfait Mbvoum et tous les prisonniers politiques, ce n’est pas céder à une revendication partisane. C’est reconnaître que la justice ne peut se réduire à la force, que la démocratie ne peut se réduire à la procédure. C’est rappeler que la dignité humaine est première, qu’elle précède toute institution, qu’elle fonde toute légitimité.
Car la politique, lorsqu’elle oublie le visage, devient gestion de masses, calcul de rapports de force. La véritable politique, celle qui s’inscrit dans l’horizon de l’éthique, est celle qui répond à l’autre, qui refuse l’humiliation, qui choisit la responsabilité plutôt que la domination.
Demander la libération de Djeukam Tchameni, d’Aloys Parfait Mbvoum et de tous les prisonniers politiques, c’est rappeler que la démocratie ne se mesure pas seulement aux urnes, mais à la manière dont elle traite ceux qui contestent. C’est affirmer que la justice commence par la reconnaissance de l’autre, par le refus de l’effacement, par la libération des voix étouffées ».





