Dans cette sortie, l’homme de Dieu évoque la sortie d’Etienne Bakaba face au décès du président du conseil constitutionnel Clément Atangana.
LETTRE D’UN AÎNÉ À L’ABBÉ ÉTIENNE BAKABA :
RAPPEL À LA DIGNITÉ SACERDOTALE FACE AU DEUIL ET AUX INSTITUTIONS
Mon cher Étienne,
C’est ton aîné PARA MABUY qui s’adresse à toi aujourd’hui.
Si je prends la parole, ce n’est plus seulement pour t’exprimer ma fierté, mais pour te parler avec la gravité, la franchise et la hauteur qu’un aîné doit à son cadet lorsque les circonstances l’exigent. L’heure est grave, mon frère.
Le Seigneur t’a gratifié d’un talent exceptionnel. Cette voix magnifique qui console les affligés et ce ministère joyeux t’ont valu le surnom affectueux de « Mannequin de Jésus ». Tout le peuple se réjouit de ce don. Ta voix possède le pouvoir unique de toucher le cœur de Dieu pour élever le Cameroun, car nous savons tous que « chanter, c’est prier deux fois ». Malheureusement, l’usage que tu fais de ta parole publique aujourd’hui est en train de ternir cette grâce
Tes récentes prises de position après le décès du magistrat Clément Atangana ont franchi la ligne rouge. En t’acharnant ou en ironisant sur les réseaux sociaux autour de la dépouille d’un défunt, sous le prétexte d’une « alternance par la mort », tu te situes aux antipodes de la charité chrétienne. Sais-tu seulement comment l’Église qualifie un tel comportement ? Elle condamne fermement ces dérives.
Le manque de compassion face au deuil et le mépris de la sacralité de la mort sont taxés de fautes morales lourdes. C’est une profanation de la mission spirituelle. En agissant ainsi, tu t’exposes non seulement à des sanctions canoniques, mais aussi à un opprobre public qui rejaillit négativement sur l’institution ecclésiale tout entière.
Le Christ, notre modèle suprême, s’est toujours incliné devant la souffrance humaine et n’a jamais outragé un mort. Penses-tu vraiment que Jésus cautionnerait un tel cynisme politique ? L’Apôtre Paul nous enseigne clairement dans l’Épître aux Romains que « toute autorité vient de Dieu et qu’il faut se soumettre aux autorités ». En te transformant en opposant radical et en pamphlétaire virtuel, tu sors de ton rôle de clerc. L’Église n’est pas un parti politique et la chaire ne doit jamais servir de tribune pour des règlements de comptes.
À te voir t’agiter de la sorte pour plaire à la foule, certains pourraient imaginer que tu tentes maladroitement de provoquer des ennuis avec le pouvoir pour obtenir, en vain, un statut d’asile politique à l’étranger. C’est une posture d’autant plus regrettable que, par ton statut, ton éducation et tes compétences ecclésiastiques, tu possèdes déjà tous les atouts nécessaires pour voyager ou émigrer dignement si tu le souhaitais, sans avoir besoin de galvauder ton intégrité sacerdotale dans ce genre de stratagème.
Quand le ton devient excessif, cela devient dégueulasse. Tu es en train de perdre l’onction de rassembleur que Dieu t’a donnée et tu effrites le respect que le peuple te porte. Il est temps de redescendre sur terre, de t’éloigner de l’arrogance des réseaux sociaux et de retrouver l’humilité de ton ministère. Utilise ton immense talent pour guérir le Cameroun et intercéder pour la paix, et non pour attiser les braises de la discorde.
Reçois ce message comme le recadrage nécessaire d’un aîné qui refuse de te regarder sombrer sans mot dire.
Que le Seigneur te ramène à la raison et préserve la dignité de ton sacerdoce.
Ton aîné .
(Libam Patric sorel)





